Quand la chute de cheveux est liée à la pilule, il s’écoule presque toujours deux à trois mois entre le déclencheur et la première poignée de cheveux dans la brosse. Ce décalage explique pourquoi le lien passe si souvent inaperçu : un changement hormonal fait basculer de nombreuses racines en phase de repos au même moment, et cette phase dure environ trois à cinq mois (Asghar et al., Cureus 2020). La chute ne sort donc pas de nulle part, elle arrive avec du retard. Cet article explique les deux facettes : la pilule comme déclencheur et la pilule comme traitement prescrit par un médecin en cas de chute de cheveux hormonale.
L’essentiel en bref
- ✓La chute de cheveux liée à la pilule est le plus souvent un effluvium télogène : début 2 à 3 mois après le déclencheur, pic après 3 à 4 mois, régression en règle générale en 6 à 12 mois
- ✓L’évolution la mieux documentée est celle qui suit l’arrêt de la pilule ; pour le changement de pilule, il n’existe pas de données spécifiques
- ✓Ce n’est pas la pilule en tant que catégorie qui décide, mais l’activité partielle androgénique ou anti-androgénique du progestatif et votre prédisposition
- ✓Arrêter ou changer de contraceptif à cause des cheveux relève exclusivement d’une décision gynécologique
Le sommaire indique où trouver quoi. Ensuite, chaque scénario est détaillé : début de la prise, changement, arrêt et méthodes sans œstrogène.
Sommaire
- La pilule peut-elle provoquer une chute de cheveux ?
- Comment la pilule agit-elle sur les cheveux ? Œstrogène, progestatif et SHBG
- Chute de cheveux depuis le début de la pilule : est-ce normal ?
- Combien de temps dure la chute de cheveux après l’arrêt de la pilule ?
- Pourquoi une chute de cheveux après un changement de pilule ?
- La micropilule peut-elle provoquer une chute de cheveux ?
- Les cheveux peuvent-ils aussi seulement s’affiner à cause de la pilule ?
- Est-ce vraiment la pilule ? Les confusions les plus fréquentes
- Que faire en cas de chute de cheveux liée à la pilule ?
- Ce que vous pouvez vous épargner
- Pilule contre la chute de cheveux : quand elle est prescrite par un médecin
- Diffus ou héréditaire ? Ce que cela change pour le traitement
- Questions fréquentes sur la chute de cheveux liée à la pilule
- Sources
La pilule peut-elle provoquer une chute de cheveux ?
Oui, la pilule peut provoquer une chute de cheveux, et c’est écrit noir sur blanc dans le résumé des caractéristiques du produit : dans celui de Yasmin (éthinylestradiol et drospirénone, Bayer), l’alopécie est répertoriée comme un effet indésirable peu fréquent survenant donc chez plus de 1 utilisatrice sur 1 000 et chez moins de 1 sur 100.
Quatre situations peuvent en être à l’origine : le début de la prise, un changement de pilule, l’arrêt de la pilule et le passage à un contraceptif sans œstrogène comme la micropilule, le stérilet hormonal, l’implant ou l’injection retard. La plus fréquente et la mieux documentée d’entre elles est l’arrêt.
Point essentiel pour bien situer les choses : la chute de cheveux liée à la pilule ne détruit aucune racine. Le changement hormonal ne fait que déplacer la proportion de cheveux qui se trouvent simultanément en phase de repos. Normalement, cela concerne environ 10 pour cent des cheveux (Asghar et al., Cureus 2020), nettement plus en cas d’effluvium. C’est pourquoi le processus est par principe réversible.
Normalement, 50 à 100 cheveux tombent par jour, parce que 85 à 90 pour cent des follicules sont en phase de croissance et seulement 5 à 15 pour cent en phase de repos ou de transition (Cleveland Clinic). En cas d’effluvium télogène, ce chiffre reste supérieur pendant des semaines sans qu’apparaissent de zones dégarnies : la chevelure s’affine de façon homogène. En cas de chute de cheveux très importante sur plusieurs mois, il vaut la peine de consigner l’évolution par écrit.
Les quatre chiffres à retenir
- ✓Début : 2 à 3 mois après le déclencheur
- ✓Pic : après 3 à 4 mois
- ✓Régression : en règle générale en 6 à 12 mois
- ✓Repousse visible : premiers cheveux courts à partir du 3e ou 4e mois, volume à partir du 6e au 9e mois

Ce sujet a aussi son versant inverse : certaines femmes ne soupçonnent pas la pilule d’être la cause, elles cherchent au contraire une pilule contre la chute de cheveux. Les deux reposent sur le même mécanisme, et les deux sont traités dans cet article. La chute de cheveux chez la femme n’a par ailleurs que rarement une seule et unique cause.
Le tableau suivant met les quatre déclencheurs côte à côte. Il montre aussi là où la littérature fournit des chiffres solides et là où elle n’en fournit pas.
| Déclencheur | Ce qui se passe sur le plan hormonal | Réaction typique du cheveu | Est-ce que cela s’arrête tout seul ? |
|---|---|---|---|
| Début de la prise | L’organisme s’adapte à l’éthinylestradiol et à un nouveau progestatif, la SHBG augmente. | Effluvium d’adaptation avec 2 à 4 mois de décalage, le plus souvent modéré. | Dans de nombreux cas oui, souvent en six mois environ. |
| Changement de pilule | Le progestatif change, et avec lui l’activité partielle androgénique ou anti-androgénique. | Effluvium avec le même décalage ; si l’activité partielle est moins favorable, affinement supplémentaire au niveau de la raie médiane. | Oui, s’il s’agit d’un simple effet d’adaptation ; non, en cas de prédisposition démasquée. Non étudié de façon systématique. |
| Arrêt de la pilule | L’influence œstrogénique disparaît, la SHBG baisse en quelques semaines à quelques mois, la testostérone libre augmente relativement. | L’effluvium le plus marqué de tout le sujet : début après 2 à 3 mois, pic après 3 à 4 mois. | En règle générale oui, en 6 à 12 mois. |
| Passage à un contraceptif sans œstrogène (micropilule, stérilet hormonal, implant, injection retard) | Plus d’éthinylestradiol, donc plus d’effet SHBG pour lier la testostérone libre. | Pas d’effluvium d’arrêt classique, mais un effet androgénique possible sur un follicule sensible. | Cela dépend de la prédisposition, la littérature ne fournit pas de calendrier spécifique. |
| Pilule du lendemain (dose élevée unique) | Bref pic hormonal de lévonorgestrel ou d’acétate d’ulipristal. | Mécaniquement envisageable comme déclencheur d’un effluvium télogène, avec la même latence. | Non étudié de façon systématique, pas de chiffres solides. |
Comment la pilule agit-elle sur les cheveux ? Œstrogène, progestatif et SHBG
La pilule agit sur les cheveux par deux leviers : l’œstrogène prolonge la phase de croissance, et le progestatif détermine, par son activité partielle androgénique ou anti-androgénique, l’ampleur de la charge qui pèse sur chaque follicule. Qui a compris ces deux leviers comprend aussi pourquoi la même classe de molécules apparaît tantôt comme déclencheur, tantôt comme traitement.
Levier 1, l’œstrogène. Les œstrogènes prolongent la phase anagène, c’est-à-dire la phase de croissance du cheveu. On le voit le plus nettement pendant la grossesse, où la chevelure paraît souvent plus dense avant de tomber davantage après l’accouchement. Sous pilule combinée, le même effet joue sous une forme atténuée.
Lorsque l’influence œstrogénique disparaît, cette phase de croissance artificiellement prolongée s’achève en même temps pour de nombreux cheveux. Ils entrent de façon synchrone en phase de repos et, comme cette phase dure environ trois à cinq mois (Asghar et al., Cureus 2020), ils tombent aussi de façon synchrone. Tout le décalage tient à cela.
Levier 2, la SHBG et le progestatif. L’éthinylestradiol augmente dans le foie la production de SHBG, une protéine de transport qui lie la testostérone libre. Pour les associations de lévonorgestrel et d’éthinylestradiol, on décrit environ un doublement de l’activité de liaison de la SHBG ; avec les préparations contenant du désogestrel, des augmentations nettement plus importantes ont été rapportées.
Moins de testostérone libre signifie moins de substrat pour la conversion en DHT au niveau du follicule pileux. Dans la même série d’études, la testostérone totale a baissé d’environ 41 pour cent et la testostérone libre d’environ 55 pour cent par rapport à la valeur de départ. Les valeurs varient fortement d’une préparation à l’autre : un pourcentage isolé ne vaut donc pas pour toutes.
Après l’arrêt, le mouvement s’inverse : la SHBG revient à sa valeur de départ en quelques semaines à quelques mois et la testostérone libre augmente relativement. La littérature ne permet pas d’indiquer un délai précis en jours, mais la direction ne fait pharmacologiquement aucun doute. Le guide dédié aux liens entre hormones et cheveux approfondit le sujet.

Le point le plus souvent négligé : ce n’est pas la pilule en tant que catégorie qui décide du sort du cheveu, mais l’activité partielle du progestatif qu’elle contient. La littérature pharmacologique les répartit grossièrement en trois groupes, les sources se contredisant pour les molécules intermédiaires. C’est précisément cette absence d’unanimité qui doit figurer dans le tableau.
| Activité partielle du progestatif | Molécules, telles qu’elles figurent sur la notice | Ce que cela peut signifier pour les cheveux |
|---|---|---|
| Activité partielle androgénique (faible à modérée) | Lévonorgestrel, noréthistérone, norgestimate (dérivés de la 19-nortestostérone) | Peuvent solliciter davantage les follicules androgéno-sensibles du sommet du crâne. Cela devient surtout pertinent en présence d’une prédisposition familiale. |
| Classement non homogène, faible activité androgénique résiduelle | Désogestrel, gestodène (troisième génération) | Les sources se contredisent : tantôt décrits comme largement neutres, tantôt rangés parmi les dérivés à effet androgénique. Aucune conclusion claire pour les cheveux ne peut en être tirée. |
| Activité partielle anti-androgénique | Acétate de cyprotérone, acétate de chlormadinone, diénogest, drospirénone | Contrebalancent la charge androgénique. C’est précisément pour cela que de telles associations sont aussi prescrites en cas d’acné et d’hirsutisme. L’intensité de l’effet diffère nettement d’une molécule à l’autre. |
Comment identifier votre molécule : ce n’est pas le nom commercial sur la boîte qui compte, mais la rubrique « Substances actives » de la notice. C’est là que figurent, nommément, l’œstrogène et le progestatif. Ce n’est qu’ainsi que vous pourrez situer votre ancienne et votre nouvelle préparation dans le tableau ci-dessus.
Ce qui se passe au niveau du follicule suit d’ailleurs toujours le même schéma : un effluvium diffus sur l’ensemble du cuir chevelu, et non une perte par plaques. Cette observation compte davantage que n’importe quelle liste de molécules, parce que c’est elle qui donne la direction du bilan.
Chute de cheveux depuis le début de la pilule : est-ce normal ?
Une chute de cheveux qui commence deux à quatre mois après le début de la prise est typiquement un effluvium d’adaptation et régresse dans de nombreux cas en six mois environ. C’est la même cinétique télogène que lors de l’arrêt, simplement déclenchée dans l’autre sens.
La chute persiste surtout dans une configuration : lorsque le progestatif a une activité partielle androgénique et qu’il existe une prédisposition familiale à la chute de cheveux héréditaire. Il ne s’agit alors plus d’un effet d’adaptation, mais d’une amplification de ce qui était déjà en place.
Pendant les premiers mois, mieux vaut observer qu’agir : une photo de la raie toutes les quatre semaines, avec la même lumière, et la mesure de la circonférence de la queue-de-cheval avec la date. Ces deux éléments serviront plus tard de base à la consultation, parce qu’ils montrent une évolution et non un instantané.
Perd-on plus de cheveux pendant la pause pilule ?
Pendant les sept jours sans prise, beaucoup de femmes s’observent avec une attention particulière et attribuent à cette pause chaque cheveu resté dans la brosse. Sur le plan mécanistique, cela ne tient pas : la baisse hormonale pendant la pause est trop brève pour mettre fin à la phase de croissance de groupes importants de follicules.
S’y ajoute la latence. Même si la pause était un déclencheur, la chute ne pourrait pas apparaître la même semaine, en raison du décalage de deux à trois mois. Il n’existe pas d’étude solide portant spécifiquement sur la pause pilule et la chute de cheveux.
Si la chute persiste sans changement au bout de six mois, c’est un motif d’en parler à votre gynécologue, pas une raison d’arrêter de votre propre initiative. Un arrêt non planifié a des conséquences qui vont bien au-delà des cheveux.
Combien de temps dure la chute de cheveux après l’arrêt de la pilule ?
La chute de cheveux après l’arrêt de la pilule commence typiquement deux à trois mois après la dernière plaquette, atteint son pic après environ trois à quatre mois et régresse en règle générale en six à douze mois. La latence de deux à trois mois est décrite dans la littérature évaluée par les pairs pour l’effluvium télogène aigu (Asghar et al., Cureus 2020) ; les données d’évolution propres à la chute liée à la pilule proviennent majoritairement de l’expérience clinique et non d’études de cohorte contrôlées.

Le mécanisme en une phrase : la disparition de l’influence œstrogénique met fin en même temps à la phase de croissance prolongée de nombreux cheveux, qui entrent de façon synchrone en phase de repos et tombent de façon synchrone. Le terme médical est effluvium télogène, et l’on entend parfois parler d’« effluvium post-pilule ».
Pour le moral, l’information la plus importante est l’ordre des choses : le moment ressenti comme le pire et le début de la récupération coïncident. Quand vous trouvez le plus de cheveux dans la brosse, les premiers follicules sont déjà repartis en phase de croissance. La frise chronologique le montre mois par mois.
| Période | Ce qui se passe dans le follicule | Ce que vous remarquez | Ce qui est utile à ce stade |
|---|---|---|---|
| Mois 0 à 1 | Le taux hormonal se réajuste, la SHBG commence à baisser. Rien ne s’est encore passé dans le cycle du cheveu. | Rien au niveau des cheveux. Parfois, le cycle, l’acné ou les tensions mammaires reviennent. | Noter la date de départ. C’est le point de référence pour tout le reste. |
| Mois 2 à 3 | De nombreux follicules entrent simultanément en phase de repos (effluvium télogène). | La chute démarre et paraît spectaculaire : brosse, siphon, oreiller. | Photo de la raie avec la même lumière, mesure de la circonférence de la queue-de-cheval, prise de rendez-vous au cabinet. |
| Mois 3 à 4 | Pic de la quantité de cheveux perdus. Au même moment, les premiers follicules repassent en phase de croissance. | Le point ressenti comme le pire, alors que la récupération a déjà commencé. | Ne rien précipiter. Faire traiter les carences documentées, ne pas prendre de compléments à l’aveugle. |
| Mois 4 à 6 | La proportion de cheveux en phase de repos se normalise, de nouveaux cheveux anagènes poussent d’environ 1 cm par mois. | La chute diminue, de courts cheveux neufs se dressent sur la raie et le long de la ligne frontale. | Prendre une photo de comparaison. La première amélioration est le plus souvent visible ici, pas avant. |
| Mois 6 à 9 | Les cheveux repoussés gagnent en longueur, le taux télogène est revenu dans la norme. | La densité se ressent mieux, la queue-de-cheval s’épaissit de nouveau. | Première évaluation utile : comparer les photos et la circonférence de la queue-de-cheval à la valeur de départ. |
| Mois 9 à 12 | Longueur et volume visibles. Un effluvium d’arrêt pur est en règle générale terminé à ce stade. | Les cheveux redeviennent comme avant. Ou pas. | Si rien n’a bougé jusque-là ou si la raie médiane s’élargit, un nouveau bilan médical s’impose. |
Le syndrome post-pilule existe-t-il vraiment ?
Le « syndrome post-pilule » circule sur les forums et sur les sites de compléments alimentaires, mais ce n’est pas un diagnostic médical reconnu. Derrière ce terme se cachent des phénomènes réels, mais que l’on peut nommer un par un : le retour du cycle naturel, la réapparition de l’acné, la mise au jour d’un SOPK jusque-là masqué et, justement, l’effluvium télogène.
Cette distinction n’est pas une querelle de mots. Nommer les quatre phénomènes séparément permet de les faire explorer séparément. Les regrouper sous un même syndrome mène vite à des forfaits coûteux qui n’aboutissent à aucun diagnostic.
Pourquoi la chute de cheveux ne s’arrête-t-elle pas après l’arrêt de la pilule ?
Lorsque la chute de cheveux persiste au-delà de douze mois après l’arrêt de la pilule, un second déclencheur est le plus souvent en cause. Le plus fréquent est la carence en fer. Avec le retour du cycle naturel, les règles retrouvent leur intensité normale et, après des années de saignements de privation peu abondants, les réserves s’épuisent.
Ce deuxième effluvium se superpose dans le temps au premier et prolonge l’évolution au-delà des six à douze mois habituels. Vu de l’extérieur, cela ressemble à une chute qui ne s’arrête tout simplement pas ; en réalité, il s’agit de deux causes qui se succèdent.
C’est pourquoi la ferritine doit figurer tôt sur l’ordonnance de laboratoire, et non après un an d’attente. L’article consacré à la carence en fer et à la chute de cheveux explique ce lien et les valeurs qui font débat.
La seconde explication d’une chute qui ne s’arrête pas est une forme héréditaire jusque-là masquée par la pilule. Elle ne suit aucun calendrier, elle persiste. Le tableau comparatif plus bas montre comment distinguer les deux.
Est-il utile d’arrêter la pilule progressivement ?
Une diminution par paliers n’est pas prévue pour les préparations combinées et n’est pas non plus documentée pour les cheveux. La bascule du cycle capillaire dépend de la disparition du taux hormonal, pas de la vitesse d’arrêt. De toute façon, c’est votre gynécologue qui décide si et comment l’arrêt se fait.
Quand cela s’arrête-t-il tout seul et quand non ?
Un effluvium est spontanément résolutif. La densité revient, et les cheveux qui repoussent retrouvent une épaisseur normale. Une forme héréditaire démasquée, en revanche, ne s’arrête pas d’elle-même. La chute est souvent moins spectaculaire en quantité, mais la raie médiane s’élargit et les nouveaux cheveux sont d’épaisseurs différentes.

| Critère | Effluvium passager | Forme héréditaire démasquée | Ce que cela signifie pour vous |
|---|---|---|---|
| Début | Relativement brutal, 2 à 3 mois après un déclencheur clair. | Insidieux, sans point de départ net. | Un déclencheur datable plaide plutôt pour une évolution passagère. |
| Quantité de cheveux perdus | Nettement augmentée, visible dans la brosse et le siphon. | À peine augmentée ; c’est souvent la densité plutôt que la quantité qui frappe. | Une chute abondante n’est pas automatiquement le plus mauvais signe. |
| Où cela s’affine | De façon homogène sur tout le crâne, y compris sur les côtés et la nuque. | Surtout la raie médiane et le sommet du crâne, la ligne frontale est préservée. | L’élargissement de la raie est le principal critère de distinction. |
| Épaisseur des cheveux tombés et de ceux qui repoussent | Homogène, d’épaisseur normale, avec un petit bulbe blanc à l’extrémité. | D’épaisseurs variables, beaucoup de cheveux courts et fins (miniaturisation). | Comparez les cheveux tombés sur un tissu clair et apportez-les au rendez-vous. |
| Évolution sur 12 mois | Diminue, la densité revient. | Persiste ou augmente lentement. | L’évolution dans le temps est plus parlante que n’importe quel instantané. |
| Antécédents familiaux | Le plus souvent sans particularité. | Souvent des cheveux fins chez la mère, la sœur ou la grand-mère. | Renseignez-vous auprès de votre famille avant le rendez-vous. |
Cas particuliers : le désir d’enfant et l’arrêt au milieu de la quarantaine
Celles qui arrêtent en raison d’un désir d’enfant cumulent souvent plusieurs facteurs : le changement hormonal, fréquemment un changement d’alimentation et, assez souvent, un stress important. Tous trois peuvent favoriser un effluvium télogène. Cela rend la recherche de la cause plus confuse, mais ne change rien à la chronologie.
En cas d’arrêt au milieu de la quarantaine, l’effluvium d’arrêt et la périménopause se superposent. Les deux réduisent l’influence œstrogénique et les deux se manifestent de façon diffuse. Ce qui arrive par ailleurs aux cheveux à cette période de la vie est expliqué dans le guide consacré à la chute de cheveux à la ménopause.
Pourquoi une chute de cheveux après un changement de pilule ?
La chute de cheveux après un changement de pilule peut avoir deux causes. D’abord un bref effluvium d’adaptation, avec le décalage typique décrit plus haut. Ensuite une véritable différence d’effet, lorsque la nouvelle préparation contient un progestatif dont l’activité partielle est moins anti-androgénique ou plus androgénique.
Il n’existe pas de données propres à ce sujet : aucune chronologie systématique n’a été établie pour le changement de pilule. Ce que l’on peut dire découle mécanistiquement de la cinétique télogène et de l’activité partielle des progestatifs concernés. Cette honnêteté vaut mieux qu’un chiffre inventé.

L’effet de démasquage. Une pilule à effet anti-androgénique peut masquer pendant des années une prédisposition existante. Après le changement, la chute de cheveux n’est alors pas déclenchée à neuf : elle n’est simplement plus freinée. Pour ce qui est du pronostic, cela signifie que, dans ce cas, la chute ne disparaîtra pas d’elle-même.
Concrètement, tout se joue sur la notice. Comparez la molécule de l’ancienne et de la nouvelle préparation et situez-les toutes deux dans le tableau des progestatifs ci-dessus. Si l’ancienne préparation était anti-androgénique et la nouvelle androgénique, vous avez au moins une explication plausible à présenter en consultation.
Revenir en arrière ? C’est une option dont seul votre gynécologue décide, en tenant compte de la raison initiale du changement. Même après un retour en arrière, il faut de nouveau des mois pour que le cycle capillaire se réajuste. D’autres formes de chute de cheveux d’origine hormonale suivent le même schéma temporel.
La micropilule peut-elle provoquer une chute de cheveux ?
Micropilule et chute de cheveux sont liées par le même mécanisme que pour la pilule combinée, mais sans le contrepoids : les progestatifs seuls ne contiennent pas d’œstrogène, l’effet SHBG qui lie la testostérone libre fait donc défaut. Ici aussi, l’alopécie figure dans le résumé des caractéristiques du produit, classée comme « peu fréquente » pour le désogestrel 75 microgrammes (RCP suisse de Cerazette).
Les préparations sans œstrogène diffèrent entre elles : il existe des micropilules au désogestrel, à la drospirénone et au lévonorgestrel, et ces progestatifs ont des activités partielles différentes. On ne peut pas en tirer de recommandation, car le choix d’une contraception dépend de critères médicaux qui vont bien au-delà des cheveux.

Dans ce groupe, le déclencheur le plus fréquent en pratique est le passage de la pilule combinée à un contraceptif sans œstrogène, par exemple pendant l’allaitement, en cas de migraine avec aura, chez les fumeuses de plus de 35 ans ou en cas de risque thromboembolique accru. Cela explique pourquoi de nombreuses femmes racontent que « tout a commencé avec la micropilule » : le déclencheur est la disparition de l’œstrogène, et non le nouveau progestatif à lui seul.
Cas particulier du stérilet hormonal : une chute de cheveux malgré une action locale ?
Le stérilet hormonal diffuse le lévonorgestrel principalement sur place, dans l’utérus, mais une petite partie passe malgré tout dans le sang. Une analyse pharmacocinétique portant sur plus de 3 400 femmes issues de dix études montre des concentrations sériques plusieurs fois inférieures à celles observées après une prise orale (Apter et al., Eur J Contracept Reprod Health Care 2020). La chute de cheveux est néanmoins décrite comme effet indésirable.
Beaucoup de femmes ne rangent pas du tout le stérilet dans la contraception hormonale et cherchent donc la cause ailleurs. Pour le situer, le schéma est le même que pour la micropilule : le lévonorgestrel a une activité partielle androgénique, l’œstrogène qui lui sert de contrepoids fait défaut, et celles qui prenaient auparavant une pilule combinée perdent en plus l’effet SHBG lors du changement.
Le moment aide à y voir clair : un effluvium qui commence environ trois mois après la pose correspond bien à une phase d’adaptation ; une chute survenant deux ans plus tard, plutôt pas. Ce qui compte au bout du compte, ce n’est pas la méthode en soi, mais la sensibilité de vos follicules aux androgènes. Cela aussi relève de la consultation gynécologique et non d’un autodiagnostic.
Et l’implant, l’injection trimestrielle, l’anneau ou le patch ?
L’implant contraceptif (étonogestrel) et l’injection trimestrielle agissent de façon systémique à dominante progestative, donc sans contrepoids œstrogénique. L’anneau vaginal et le patch contiennent une association œstrogène-progestatif et se comportent au niveau du cheveu comme une pilule combinée. Le stérilet au cuivre est sans hormone, mais il peut peser sur le statut martial par des règles plus abondantes et agir ainsi indirectement sur les cheveux.
Quelle méthode serait « meilleure pour les cheveux » ? La réponse ne figure volontairement pas ici. Cet arbitrage revient à votre gynécologue, qui tient compte du risque thromboembolique, de la tolérance, du cycle, des antécédents et de votre situation de vie.
Les cheveux peuvent-ils aussi seulement s’affiner à cause de la pilule ?
Des cheveux fins à cause de la pilule ne sont pas la même chose qu’une chute de cheveux. En cas d’effluvium, beaucoup de cheveux tombent et repoussent avec une épaisseur normale. En cas de charge androgénique, il n’en tombe guère plus que les 50 à 100 cheveux quotidiens habituels, mais chaque cheveu devient plus fin, plus court et plus clair à chaque cycle. Le terme médical est la miniaturisation.
Pour le pronostic, c’est la distinction décisive : l’un est réversible et s’arrête tout seul, l’autre progresse lentement sans traitement. Il est donc plus utile de regarder les cheveux que de les compter.

Trois observations y aident, et toutes trois sont possibles sans matériel. D’abord la circonférence de la queue-de-cheval, à mesurer au mètre ruban, à noter et à répéter tous les trois mois. Ensuite la photo, même appareil, même lumière, même raie, toutes les quatre semaines. Enfin, comparez les cheveux tombés sur un tissu clair.
Si les cheveux tombés sont d’épaisseur homogène et portent un petit bulbe blanc à l’extrémité, cela plaide plutôt pour un effluvium. S’ils sont d’épaisseurs nettement différentes et que beaucoup sont courts et fins, cela plaide plutôt pour une miniaturisation. C’est un repère pour la consultation médicale et expressément pas un diagnostic.
Est-ce vraiment la pilule ? Les confusions les plus fréquentes
Un effluvium diffus a toujours le même aspect, quelle qu’en soit la cause. C’est pourquoi la pilule est souvent soupçonnée alors qu’une deuxième cause se cache derrière ou s’y ajoute. Quatre confusions sont particulièrement fréquentes, et trois d’entre elles se clarifient par une prise de sang.
Carence en fer. Particulièrement pertinente après l’arrêt, parce que les règles reviennent. La ferritine, valeur de réserve, est plus parlante que l’hémoglobine. Les valeurs cibles de 40 à 70 nanogrammes par millilitre évoquées pour les cheveux proviennent d’avis d’auteurs isolés (Rushton 2002, Trost et al. 2006) et ne sont pas confirmées par des études randomisées contrôlées. Détails dans l’article consacré à la carence en fer et à la chute de cheveux.
Thyroïde. Une hypothyroïdie comme une hyperthyroïdie peut provoquer une chute de cheveux diffuse, et une thyroïdite de Hashimoto n’exclut pas par principe la prise de la pilule. La valeur d’entrée est la TSH. Plus d’informations dans le guide consacré à la chute de cheveux et à la thyroïde.
SOPK. La pilule peut, par l’augmentation de la SHBG, masquer cliniquement une hyperandrogénie existante. Si des troubles du cycle, de l’acné et une chute de cheveux apparaissent ensemble après l’arrêt, cela peut évoquer un syndrome des ovaires polykystiques jusque-là masqué. Il n’existe pas de chiffres de fréquence solides à ce sujet ; la recommandation allemande S2k en vigueur (AWMF 089-004, version 06/2026) sert de référence pour le bilan.
Effluvium télogène d’une autre cause. Les régimes avec forte perte de poids, les infections fébriles, les opérations, les périodes de stress intense et les nouveaux médicaments produisent la même image. Si vous avez connu l’un de ces éléments pendant la période concernée, mentionnez-le en consultation : voir chute de cheveux due aux médicaments et chute de cheveux diffuse.
Un schéma dépendant du cycle est également décrit et souvent confondu avec la pilule. L’article dédié explique pourquoi la chute de cheveux liée au cycle est un sujet à part entière pour de nombreuses femmes.
La pilule du lendemain revient souvent comme suspecte sur les forums. Une prise hormonale unique à dose élevée de lévonorgestrel ou d’acétate d’ulipristal est mécanistiquement envisageable comme déclencheur d’un effluvium télogène, avec le décalage typique décrit plus haut. Cela n’a pas été étudié de façon systématique et il n’existe aucun chiffre solide à ce sujet.
Quand une aide médicale est-elle urgente en cas de chute de cheveux ?
Urgent, c’est-à-dire sans attendre des mois, la chute de cheveux relève d’une prise en charge médicale dès qu’elle ne correspond plus à un effluvium. Deux observations sont ici décisives : des plaques rondes et nettement délimitées, comme celles que l’on observe dans la pelade (il existe à ce sujet une recommandation allemande S3 récente, AWMF 013-104, version 02/2026), et une chute de cheveux accompagnée d’un cuir chevelu qui démange, desquame, suinte ou fait mal.
Ni l’une ni l’autre n’est un effluvium hormonal, et aucune des deux n’attend la chronologie décrite dans cet article. Les formes cicatricielles peuvent détruire définitivement des follicules, et plus elles sont traitées tôt, plus on peut en préserver. Il en va de même si la chute s’accompagne d’une fatigue importante, de troubles du cycle ou d’une variation de poids marquée.
Que faire en cas de chute de cheveux liée à la pilule ?
Trois étapes sont utiles face à une chute de cheveux liée à la pilule et il vaut mieux les suivre dans cet ordre : documenter, faire réaliser un bilan médical, accepter la chronologie. Ce qui n’a pas de sens dans les premières semaines : toucher à la préparation de sa propre initiative ou prendre des compléments à l’aveugle.
Qui consulter ? Le gynécologue pour tout ce qui touche à la préparation et au cycle, le dermatologue pour l’évaluation du cuir chevelu et du schéma de chute avec trichoscopie et test de traction. Il faut souvent les deux. L’article chute de cheveux : quel médecin consulter précise quelle spécialité est utile et à quel moment.
Un bilan utile, formulé comme une base de discussion : numération formule sanguine et ferritine, TSH et, en cas d’anomalie, T3 libre, T4 libre et anticorps anti-TPO, 25-OH-vitamine D et, en cas de suspicion correspondante, zinc et vitamine B12. Un bilan androgénique avec testostérone, DHEAS, SHBG et prolactine n’en fait partie que s’il existe une suspicion d’hyperandrogénie. Ce que signifie chaque valeur est expliqué dans notre bilan sanguin en cas de chute de cheveux.
Une réserve que l’on ne lit presque nulle part : un bilan hormonal n’a qu’une valeur limitée pendant la prise de la pilule, parce que la préparation freine la production hormonale propre et augmente la SHBG. La recommandation de la Society for Endocrinology sur l’exploration de l’excès d’androgènes chez la femme (Elhassan et al., Clinical Endocrinology 2025) préconise un intervalle de trois mois après la dernière prise avant de doser ces paramètres.
C’est le cabinet médical qui décide si cet intervalle a un sens dans votre cas. Personne n’arrête un contraceptif pour pouvoir mesurer une valeur de laboratoire.

Quand voit-on les cheveux repousser ?
La phase de repos dure environ trois à cinq mois et le cheveu pousse d’environ 1 cm par mois (NIH StatPearls, « Physiology, Hair »). De nouveaux cheveux ne sont donc visibles sous forme de courts duvets qu’au bout de trois à quatre mois, et en volume seulement après six à neuf mois. Évaluer au bout de quatre semaines, c’est forcément évaluer trop tôt.
Entre-temps, ce qui est utile : corriger précisément les carences documentées, manger suffisamment de protéines, prendre soin de ses cheveux en douceur. Ce qui ne l’est pas : des préparations combinées sans bilan sanguin. La frise chronologique plus haut montre à partir de quand une évaluation a un sens.
Puis-je continuer à me laver et à me brosser les cheveux normalement en cas de chute liée à la pilule ?
Oui. Le lavage, le peignage et le brossage ne provoquent aucune chute supplémentaire en cas d’effluvium télogène. Les cheveux qui vous restent alors dans la main sont déjà détachés de la papille depuis la phase de repos et ne tiennent plus que mécaniquement dans le canal pilaire. Le lavage rince ce qui est de toute façon déjà lâche, mais il ne décide pas du nombre de follicules qui passent en phase de repos.
Se laver les cheveux moins souvent ne fait donc que déplacer la quantité : en passant d’un lavage quotidien à un lavage tous les trois jours, on retrouve environ trois fois plus de cheveux dans le siphon et on s’effraie d’autant plus. Cela ne change rien à l’évolution, mais éventuellement quelque chose au cuir chevelu, car le sébum et les squames restent en place.

Ce qui est utile, c’est plutôt une manipulation douce : ne pas arracher les cheveux mouillés, mais les démêler avec un peigne à dents larges en partant des pointes, éviter les tresses serrées et la traction permanente sur les racines, réduire la chaleur. Cela évite la casse, qui réduit encore la densité. Une seule exception concerne le rendez-vous médical : dans les 24 heures qui le précèdent, ne vous lavez pas les cheveux, sinon le test de traction et l’examen du cuir chevelu ne sont pas exploitables.
Check-list pour la consultation médicale
Préparation du rendez-vous
Les valeurs que vous pouvez demander
- ✓numération formule sanguine et ferritine
- ✓TSH, et en cas d’anomalie T3 libre, T4 libre et anticorps anti-TPO
- ✓25-OH-vitamine D, et en cas de suspicion zinc, vitamine B12 et CRP
- ✓androgènes uniquement en cas de suspicion d’hyperandrogénie, et interprétation limitée sous pilule
Ce que vous apportez
- ✓des photos de la raie et du sommet du crâne prises avec la même lumière sur plusieurs semaines
- ✓la circonférence mesurée de la queue-de-cheval, avec la date
- ✓la liste de tous les médicaments et préparations avec leur date de début, l’évolution du cycle depuis l’arrêt, l’évolution du poids
- ✓les antécédents familiaux (mère, sœurs, grands-mères du côté maternel) et les anciens résultats de laboratoire
Ce qui est remboursé et ce qui ne l’est pas
Sur prescription médicale et en cas de suspicion fondée, les analyses de base sont en règle générale prises en charge par l’Assurance Maladie. Un large panel vitaminique ou hormonal sans indication n’est en revanche souvent pas remboursé et reste à votre charge. Demandez avant la prise de sang quelles analyses sont prises en charge et lesquelles vous devrez payer.
Deux conseils pratiques
- ✓ne pas se laver les cheveux et ne pas utiliser de produits coiffants dans les 24 heures précédant le rendez-vous, sinon le test de traction et l’examen du cuir chevelu sont faussés
- ✓signaler les compléments alimentaires avant la prise de sang : la biotine à forte dose peut perturber certaines méthodes de laboratoire et fausser entre autres les valeurs thyroïdiennes (information de sécurité de la FDA, 2019). C’est le cabinet ou le laboratoire qui décide s’il faut faire une pause et pendant combien de temps
L’outil le plus puissant pour la consultation est une simple frise chronologique de votre contraception. Elle rend visible d’un coup d’œil l’écart entre le changement hormonal et la chute, et c’est précisément là-dessus que repose la question de la cause.
| Date (mois/année) | Préparation et molécule | Ce qui a changé | Observation sur les cheveux |
|---|---|---|---|
| 03/2025 (exemple) | Pilule combinée, molécule selon la notice | Arrêt | aucun changement |
| 05/2025 (exemple) | aucune | deux mois sans préparation | la chute démarre |
Ce que vous pouvez vous épargner
En cas de chute de cheveux liée à la pilule, une chose surtout coûte de l’argent et des nerfs : évaluer trop tôt et traiter sur une simple présomption. Les soins peuvent améliorer la structure du cheveu et éviter la casse, mais ils n’influencent pas le nombre de cheveux qui se trouvent en phase de repos. Cela vaut aussi bien pour les shampooings que pour les lotions et les remèdes de grand-mère.
Les quatre idées fausses les plus fréquentes
- 1« J’ai arrêté il y a trois mois, la chute n’est arrivée que maintenant, il ne peut pas y avoir de lien. » Si, c’est exactement à cela que ressemble l’évolution typique. La phase de repos dure environ trois mois, d’où cet écart entre le déclencheur et la chute.
- 2« J’arrête la pilule, et ça s’arrêtera. » À l’arrêt, la chute ne fait en règle générale que commencer.
- 3« Je vais arrêter la pilule progressivement, comme ça la chute ne viendra pas. » Il n’existe aucune preuve de cela, et ce n’est pas non plus prévu pour les préparations combinées.
- 4« Ça tombe moins depuis quatre semaines, le produit fonctionne. » Au bout de quatre semaines, rien ne fonctionne encore. C’est simplement l’évolution normale.
Ce qui coûte de l’argent ou fait du tort
- ✗les préparations capillaires combinées à forte dose sans bilan sanguin
- ✗la biotine juste avant la prise de sang, parce qu’elle peut fausser les résultats
- ✗les autotests hormonaux achetés sur Internet, surtout sous pilule
- ✗arrêter ou changer la préparation de sa propre initiative
- ✗les shampooings fortifiants comme substitut à un bilan
L’acide folique aide-t-il contre la chute de cheveux après l’arrêt ?
L’acide folique ne peut rien contre la chute de cheveux qui suit l’arrêt, il reste malgré tout important. Celles qui arrêtent pour un projet de grossesse en prennent le plus souvent déjà, et pour une bonne raison : il réduit le risque d’anomalies de fermeture du tube neural chez l’enfant et il est donc expressément recommandé avant et au début de la grossesse. Les deux sont vrais en même temps. N’arrêtez donc pas l’acide folique au seul motif qu’il n’aide pas les cheveux.
Et les témoignages ? Les forums sont précieux pour se sentir moins seule et trompeurs pour le pronostic. Ce sont justement les femmes chez qui tout est rentré dans l’ordre tout seul au bout de huit mois qui cessent le plus souvent de publier. Ce qui reste, ce sont les évolutions longues. C’est un effet de sélection, pas une statistique.
Pilule contre la chute de cheveux : quand elle est prescrite par un médecin
Il existe des préparations combinées dont le progestatif exerce une activité partielle anti-androgénique ; ces préparations sont utilisées en gynécologie et en dermatologie chez les femmes présentant de l’acné, de l’hirsutisme et une chute de cheveux androgénétique. La question de savoir si une pilule contre la chute de cheveux entre en ligne de compte dans un cas donné relève exclusivement de la décision du médecin qui vous suit.
Cette section répond à la question inverse du reste de l’article : non pas la pilule comme déclencheur, mais la pilule comme moyen prescrit par un médecin. Pour un effluvium après un arrêt ou après un changement, ce n’est pas une option, car là, tout est affaire de temps et de recherche d’un second déclencheur. Le sujet ne devient pertinent que dans une forme héréditaire, en partie liée aux androgènes.
Parmi les progestatifs à effet anti-androgénique figurent l’acétate de cyprotérone, l’acétate de chlormadinone, le diénogest et la drospirénone. L’intensité de l’effet diffère nettement de l’un à l’autre. La différence d’autorisation est importante : pour certaines associations, l’acné et l’hirsutisme sont des indications autorisées, tandis que l’utilisation spécifiquement contre la chute de cheveux se fait majoritairement hors AMM.
L’acétate de cyprotérone est en outre soumis à des restrictions particulières. L’évaluation menée en 2020 par l’Agence européenne des médicaments (EMA) restreint son utilisation en raison du risque de méningiomes, qui augmente avec la dose cumulée. Des méningiomes ont surtout été rapportés à partir de doses quotidiennes de 25 mg. Les préparations contenant plus de 10 mg ne peuvent être utilisées que si les autres options thérapeutiques, y compris les dosages plus faibles, ont été épuisées.
En cas de méningiome actuel ou passé, l’acétate de cyprotérone est contre-indiqué, et si un méningiome est diagnostiqué sous traitement, celui-ci doit être définitivement arrêté. Les restrictions et les recommandations de surveillance issues de l’évaluation de l’EMA s’étendent aussi aux associations moins dosées contenant 2 mg d’acétate de cyprotérone, même si les risques les plus élevés sont décrits pour les utilisations à forte dose.
On ne peut pas parler de l’effet sans parler du risque thromboembolique. Le comité d’évaluation des risques de l’EMA a publié en 2014 des chiffres de risque par progestatif. Point décisif pour ce sujet : l’ordre de ces risques ne coïncide pas avec l’effet sur les cheveux.
| Progestatif contenu dans la préparation | Cas de thrombose pour 10 000 années-femmes | Activité partielle sur les cheveux |
|---|---|---|
| Aucune contraception hormonale (valeur de référence) | environ 2 | sans objet |
| Lévonorgestrel, noréthistérone, norgestimate | 5 à 7 | androgénique |
| Étonogestrel, norelgestromine | 6 à 12 | mixte à faiblement androgénique |
| Drospirénone, gestodène, désogestrel | 9 à 12 | Drospirénone anti-androgénique, gestodène et désogestrel classés de façon non homogène |
La drospirénone est anti-androgénique et se situe malgré tout dans le groupe à risque le plus élevé ; le lévonorgestrel est androgénique et se situe dans le groupe inférieur. « Bon pour les cheveux » et « à faible risque de thrombose » sont deux dimensions indépendantes. Une préparation ne se choisit donc pas en fonction des cheveux.

S’y ajoutent les contre-indications habituelles des préparations combinées : tabagisme à partir de 35 ans, migraine avec aura, thrombophilie familiale, certains antécédents et interactions avec d’autres médicaments. C’est cette vérification qui constitue le véritable contenu de la consultation, pas la question des cheveux.
Et si la pilule anti-androgénique est arrêtée ? L’effet protecteur cesse alors, comme pour tout traitement anti-androgénique. Dans cette configuration, la pilule traite un symptôme, elle ne supprime pas la prédisposition. Aucun pourcentage solide d’efficacité sur la chute de cheveux ne ressort d’études randomisées contrôlées, raison pour laquelle vous n’en trouverez aucun ici.
Pour celles qui ne veulent pas ou ne peuvent pas prendre de contraception, la pilule n’est pas non plus un traitement de la chute de cheveux. Il existe d’autres voies, à évaluer médicalement, en cas de chute de cheveux d’origine hormonale, et elles relèvent d’une consultation et non d’un article.
Diffus ou héréditaire ? Ce que cela change pour le traitement
Cette distinction détermine tout le reste. Prenons d’abord un effluvium diffus : les follicules sont présents et se trouvent seulement en phase de repos, rien ne manque donc. C’est différent pour une alopécie androgénétique féminine : les follicules se réduisent durablement, ce qui se voit à l’élargissement de la raie médiane avec conservation de la ligne frontale.

Les deux coexistent souvent, justement après un changement hormonal. C’est précisément pour cela qu’une évaluation fiable est difficile pendant la première année qui suit l’arrêt. La référence pour la forme héréditaire est aujourd’hui la recommandation européenne S3 (Kanti et al., JEADV 2018).
En cas de chute de cheveux d’origine hormonale ou diffuse, une greffe de cheveux n’est pas indiquée, parce qu’aucun follicule ne manque : ce sont des cheveux présents qui se trouvent en phase de repos. Elle n’entre en ligne de compte que dans une forme stable et localisée, avec une zone donneuse intacte ; et stable signifie, après un changement hormonal, au plus tôt douze mois plus tard et après évaluation dermatologique.
Ce classement est difficile pour un profane, et c’est en même temps la question avec laquelle un rendez-vous dermatologique peut faire le plus. Celle qui arrive en disant « je perds mes cheveux » déclenche une recherche ouverte. Celle qui arrive en disant « de façon homogène sur tout le crâne, depuis l’arrêt, raie inchangée » a déjà fait le tri.
Si vous souhaitez un deuxième regard pour ce premier tri, vous pouvez utiliser notre analyse capillaire gratuite comme étape préalable : une analyse visuelle du schéma à partir de vos photos, qui distingue un affinement diffus d’une miniaturisation au niveau de la raie médiane. Elle ne remplace expressément ni le bilan dermatologique, ni un bilan sanguin médical, ni l’avis gynécologique ; c’est un repère qui vous permet d’aborder ces rendez-vous de façon plus ciblée.
Questions fréquentes sur la chute de cheveux liée à la pilule
Combien de temps dure la chute de cheveux après l’arrêt de la pilule ?
La chute commence typiquement deux à trois mois après la dernière plaquette, atteint son pic après trois à quatre mois et régresse en règle générale en six à douze mois. Si elle dure nettement plus longtemps, un second facteur est souvent en cause, par exemple une carence en fer due au retour des règles.
Les cheveux repoussent-ils après l’arrêt de la pilule ?
En cas d’effluvium télogène, oui : les follicules sont présents et repassent en phase de croissance. On voit les premiers cheveux courts après trois à quatre mois et un volume perceptible après six à neuf mois, parce que le cheveu ne pousse que d’environ 1 cm par mois. Si la densité n’est pas revenue au bout de douze mois, un nouveau bilan s’impose.
Peut-on perdre ses cheveux à cause de la pilule ?
Oui. L’alopécie est répertoriée comme effet indésirable peu fréquent dans les résumés des caractéristiques du produit des préparations combinées, c’est-à-dire chez plus de 1 utilisatrice sur 1 000 et moins de 1 sur 100 (RCP de Yasmin, Bayer). Les déclencheurs sont le début de la prise, un changement, l’arrêt et le passage à une préparation sans œstrogène.
Quelle pilule provoque le plus souvent une chute de cheveux ?
Il n’existe pas de classement des différentes préparations, et un tel classement serait de toute façon trompeur. Ce qui compte, c’est l’activité partielle du progestatif : les molécules à activité partielle androgénique comme le lévonorgestrel ou la noréthistérone peuvent solliciter davantage les follicules androgéno-sensibles que les molécules anti-androgéniques comme le diénogest ou la drospirénone. Que cela se remarque ou non dépend avant tout de la prédisposition.
Existe-t-il une pilule contre la chute de cheveux ?
Il existe des préparations combinées avec un progestatif à effet anti-androgénique, utilisées sur prescription médicale en cas d’acné, d’hirsutisme et de chute de cheveux androgénétique. Pour l’indication chute de cheveux, cela se fait majoritairement hors AMM. Pour l’acétate de cyprotérone, des restrictions particulières s’appliquent en raison du risque de méningiome (évaluation de l’Agence européenne des médicaments, EMA, 2020). La décision revient exclusivement au médecin.
La micropilule peut-elle déclencher une chute de cheveux ?
Oui, l’alopécie est également documentée comme effet indésirable peu fréquent pour les progestatifs seuls (RCP de Cerazette, désogestrel 75 microgrammes, Suisse). Sans éthinylestradiol, l’effet SHBG qui lie la testostérone libre fait en outre défaut. Dans ce groupe, le déclencheur le plus fréquent est le passage depuis une pilule combinée.
Combien de temps dure la chute de cheveux après un changement de pilule ?
Aucune chronologie spécifique n’a été établie de façon systématique pour le changement de pilule. Sur le plan mécanistique, la même cinétique télogène s’applique : début après deux à trois mois, régression sur plusieurs mois. C’est différent lorsque le nouveau progestatif a un effet anti-androgénique plus faible et qu’une prédisposition existante devient ainsi visible.
Comment savoir si c’est la pilule ou autre chose ?
Deux repères : l’écart de deux à trois mois par rapport à un changement hormonal et le schéma de répartition. Un affinement homogène sur tout le crâne plaide pour un effluvium, une raie médiane qui s’élargit avec une ligne frontale conservée plutôt pour une forme héréditaire. Seul l’examen médical, bilan sanguin compris, apporte une certitude.
Le syndrome post-pilule existe-t-il vraiment ?
Pas en tant que diagnostic médical. Le terme regroupe plusieurs phénomènes réels après l’arrêt : le retour du cycle naturel, l’acné, un SOPK jusque-là masqué et l’effluvium télogène. Nommé séparément, chacun de ces points peut être exploré de façon ciblée.
Qu’est-ce qui aide contre la chute de cheveux après l’arrêt de la pilule ?
Corriger précisément les carences documentées, manger suffisamment de protéines, prendre soin de ses cheveux en douceur et laisser du temps. Les compléments alimentaires sans bilan sanguin n’apportent rien, et la biotine à forte dose peut même fausser les résultats de laboratoire (FDA 2019). Si l’amélioration se fait attendre au-delà de six à neuf mois, l’évolution doit être évaluée par un dermatologue.
Dois-je me laver ou me brosser les cheveux moins souvent ?
Non. Les cheveux qui tombent au lavage ou au brossage sont déjà détachés de la papille depuis la phase de repos et ne tiennent plus que librement dans le canal pilaire. Le lavage les élimine, mais ne provoque aucune chute supplémentaire. Qui se lave les cheveux moins souvent en retrouve d’autant plus à chaque lavage. Il est utile de démêler en douceur en partant des pointes, pour éviter la casse.
Combien de cheveux par jour est-ce normal ?
De 50 à 100 cheveux par jour sont considérés comme normaux, parce que 85 à 90 pour cent des follicules sont en phase de croissance et seulement 5 à 15 pour cent en phase de repos ou de transition (Cleveland Clinic). En cas d’effluvium télogène, la quantité reste nettement supérieure pendant des semaines, sans qu’apparaissent de zones dégarnies.
À partir de quand faut-il consulter pour une chute de cheveux ?
Un rendez-vous est utile si la chute dure plus de six mois, si la raie médiane s’élargit, si des troubles du cycle ou une fatigue s’y ajoutent ou si des plaques rondes apparaissent. Ces dernières ne sont pas un effluvium et doivent être évaluées rapidement.

Sources
- ›Asghar F et al. : Telogen Effluvium: A Review of the Literature. Cureus 2020;12(5):e8320. Texte intégral
- ›NIH StatPearls : Physiology, Hair (cycle pilaire, vitesse de croissance). NCBI Bookshelf
- ›Elhassan YS et al. : Society for Endocrinology Clinical Practice Guideline for the Evaluation of Androgen Excess in Women. Clin Endocrinol 2025;103(4):540–566. Texte intégral
- ›Apter D et al. : Comparative pharmacokinetic analysis of levonorgestrel-releasing intrauterine systems and levonorgestrel-containing contraceptives. Eur J Contracept Reprod Health Care 2020. DOI
- ›EMA : Acétate de cyprotérone, restrictions d’utilisation en raison du risque de méningiome, évaluation 2020, 16.04.2020. EMA
- ›EMA/PRAC : Combined hormonal contraceptives, procédure de saisine sur le risque thromboembolique (évaluation 2013/2014). EMA
- ›Résumé des caractéristiques du produit Yasmin 0,03 mg/3 mg, comprimés pelliculés (éthinylestradiol/drospirénone), Bayer. fachinfo.de
- ›FDA : Biotin interference with laboratory tests, Safety Communication 2017, mise à jour le 05/11/2019. FDA
- ›Recommandation allemande S2k de l’AWMF Diagnostik und Therapie des polyzystischen/polyendokrinen metabolischen Ovarialsyndroms, n° de registre 089-004, version 06/2026. Registre AWMF
- ›Recommandation allemande S3 de l’AWMF Alopecia areata, n° de registre 013-104, version 02/2026. Registre AWMF
- ›Recommandation allemande S3 de l’AWMF Hormonelle Empfängnisverhütung, n° de registre 015-015, version 09/2020, formellement valable jusqu’au 31/07/2024, révision annoncée. Registre AWMF
- ›Cleveland Clinic : Telogen Effluvium (quantité de chute, évolution). Information patients
Mise à jour : septembre 2026. Cet article a une vocation informative et ne remplace ni un avis médical, ni un diagnostic, ni un traitement. Les décisions concernant un contraceptif vous appartiennent, en concertation avec votre gynécologue.

Dr. Imad Moustafa
Médecin en greffe capillaire