Une personne examine calmement ses cheveux au niveau de la raie devant un miroir et cherche à comprendre les causes de sa chute de cheveux

Causes de la chute de cheveux : toutes les origines en un coup d’œil

En bref : les causes de la chute de cheveux

Résumé : les trois causes les plus fréquentes de la chute de cheveux sont l’alopécie héréditaire (androgénétique), la chute diffuse (effluvium télogène) et la pelade auto-immune.

Les causes les plus fréquentes de la chute de cheveux sont l’alopécie androgénétique héréditaire (CIM-10 L64), la chute diffuse (effluvium télogène, L65.0) provoquée par des déclencheurs comme une carence en fer, un trouble de la thyroïde, le stress ou des bouleversements hormonaux, ainsi que la pelade auto-immune (alopecia areata, L63). La forme en cause détermine si les cheveux repoussent ou non.

  • Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est considéré comme normal (American Academy of Dermatology).
  • La cause détermine le pronostic : les déclencheurs diffus sont le plus souvent réversibles, tandis que l’alopécie héréditaire et cicatricielle progressent en l’absence de traitement.
  • Le motif en dit long : des golfes temporaux ou une raie qui se dégarnit évoquent plutôt une origine génétique, une raréfaction uniforme sur tout le crâne une cause diffuse, des plaques rondes et glabres une origine auto-immune, et des zones rougies ou cicatricielles constituent une urgence.

Quelle chute de cheveux est normale, et à partir de quand devient-elle pathologique ?

Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est considéré comme normal, selon l’American Academy of Dermatology. Ce n’est qu’une perte nettement et durablement plus élevée, des cheveux qui s’affinent visiblement ou des zones glabres qui font suspecter une chute nécessitant une prise en charge. Il n’existe dans la littérature aucun seuil fixe du type « pathologique à partir de 150 cheveux ».

Ce qui provoque la chute de cheveux dans le détail est étroitement lié au cycle capillaire. Environ 85 à 90 pour cent des cheveux du cuir chevelu se trouvent en phase de croissance (anagène, 2 à 6 ans), à peu près 1 pour cent en phase de transition (catagène) et 10 à 15 pour cent en phase de repos (télogène, environ 2 à 3 mois). C’est à la fin de la phase télogène que le cheveu tombe. Plus de détails dans l’article dédié au cycle capillaire.

Diagramme du cycle capillaire avec les phases anagène, catagène et télogène et le point où survient la chute de cheveux

Trois signes peuvent servir de repères approximatifs pour l’auto-évaluation : le test de traction (si, en tirant doucement sur une mèche, un nombre étonnamment élevé de cheveux se détachent, c’est un indice), une quantité visiblement accrue de cheveux dans la douche, sur la brosse et sur l’oreiller, ainsi qu’une raie qui s’élargit. Ces signes ne remplacent pas un avis médical, mais ils donnent une première orientation.

Les principaux types de chute de cheveux en un coup d’œil

Ce qui provoque la chute de cheveux se rattache le plus souvent à l’une des trois grandes formes : l’alopécie androgénétique (héréditaire), la chute diffuse (effluvium télogène) et la pelade (auto-immune). S’y ajoutent des formes particulières plus rares, comme l’alopécie cicatricielle et l’alopécie mécanique. Motif, déclencheurs et pronostic diffèrent nettement, comme le montre le tableau suivant.

Forme de chute de cheveux Motif typique (où ?) Déclencheurs fréquents Réversible ? Premier interlocuteur
Androgénétique (L64) Hommes : golfes temporaux + tonsure (échelle de Norwood). Femmes : raréfaction de la raie, ligne frontale le plus souvent préservée (échelle de Ludwig) Sensibilité génétique des follicules à la DHT Non, mais peut être ralentie et traitée Dermatologue / analyse capillaire
Diffuse (effluvium télogène, L65.0) De façon uniforme sur tout le cuir chevelu Carence en fer, thyroïde, stress, hormones, médicaments, régime draconien, infection/opération/accouchement Oui, le plus souvent après correction du déclencheur Médecin généraliste (bilan sanguin)
Pelade (alopecia areata, L63) Plaques rondes, glabres et nettement délimitées, à tout âge Réaction auto-immune dirigée contre les follicules pileux Imprévisible ; rémission spontanée possible, mais selon les recommandations dans moins de 10 % au cours des 6 premiers mois Dermatologue
Cicatricielle (p. ex. lichen plan pilaire, AFF, L66) Zones brillantes et cicatricielles sans orifices folliculaires visibles, souvent avec rougeur/démangeaisons Destruction inflammatoire des follicules Non, irréversible. Caractère d’urgence Consulter immédiatement un dermatologue
Mécanique (alopécie de traction) Zone des bordures et des tempes, dans le sens de la traction Traction prolongée due aux tresses, extensions, coiffures serrées Oui au début, cicatricielle et irréversible au stade tardif Dermatologue
Comparaison des motifs de l'alopécie androgénétique chez l'homme (échelle de Hamilton-Norwood) et chez la femme (échelle de Ludwig), côte à côte

Les causes de la chute de cheveux chez la femme et chez l’homme

Les causes de la chute de cheveux diffèrent entre les femmes et les hommes surtout par le motif et la fréquence. Chez l’homme, la perte est très majoritairement androgénétique, souvent précoce (environ 25 pour cent présentent leurs premiers signes avant 21 ans), avec des golfes temporaux et une tonsure selon l’échelle de Norwood. L’évolution est bien prévisible et suit le motif masculin typique.

Chez la femme, le tableau est plus varié : les causes diffuses sont plus fréquentes, comme une carence en fer, la thyroïde et l’effluvium du post-partum, auxquelles s’ajoutent des déclencheurs hormonaux (ménopause, SOPK) et l’alopécie androgénétique de type Ludwig, avec une raréfaction de la raie plutôt que des golfes temporaux. Comme plusieurs causes se conjuguent souvent, un bilan approfondi est utile. Approfondissement dans l’article Chute de cheveux chez la femme.

Alopécie androgénétique (héréditaire) : la cause la plus fréquente (L64)

L’alopécie androgénétique héréditaire est la cause la plus fréquente de chute de cheveux, tous types confondus. Chez les hommes d’origine caucasienne, les données épidémiologiques indiquent qu’environ 50 pour cent sont concernés à 50 ans et jusqu’à 80 pour cent à 70 ans (PMC11867384). Le portail de santé allemand gesund.bund.de évoque une fourchette pouvant atteindre 70 pour cent des hommes et 40 pour cent des femmes.

À l’origine, il ne s’agit pas d’une maladie au sens strict, mais d’une sensibilité héritée des follicules pileux à la dihydrotestostérone (DHT). Ce n’est pas un taux élevé de testostérone, mais la sensibilité des récepteurs qui raccourcit la phase de croissance et fait rétrécir les follicules (miniaturisation). Environ 25 pour cent des hommes présentent leurs premiers signes dès avant 21 ans (PMC11867384). Plus de détails dans l’article sur l’alopécie androgénétique.

Illustration de la miniaturisation du follicule due à la DHT dans l'alopécie androgénétique héréditaire, en coupe transversale de la peau

Le motif est typique : les hommes perdent leurs cheveux selon l’échelle de Hamilton-Norwood, au niveau des golfes temporaux et de la tonsure, les femmes selon l’échelle de Ludwig, sous forme d’une raréfaction diffuse de la raie avec, le plus souvent, une ligne frontale préservée. Détails sur l’évolution féminine dans l’article Chute de cheveux chez la femme.

Comme traitement de première intention fondé sur les preuves, les recommandations européennes S3 préconisent le Minoxidil topique (pour les femmes et les hommes) ainsi que, chez l’homme, le finastéride oral à 1 mg par jour. Le finastéride est soumis à prescription et peut entraîner des effets indésirables sexuels, raison pour laquelle un avis médical est nécessaire. L’alopécie androgénétique progresse en l’absence de traitement, mais elle peut être ralentie et prise en charge. Le moment est déterminant : les médicaments peuvent freiner la perte et préserver les cheveux présents, mais ne peuvent pas réactiver des follicules déjà entièrement régressés. La façon de restaurer la densité sur des zones déjà glabres est abordée dans la section sur la réversibilité, plus bas.

La chute diffuse (effluvium télogène) et ses déclencheurs (L65.0)

La chute diffuse (effluvium télogène) se répartit uniformément sur tout le crâne et est déclenchée par un facteur qui remonte typiquement à 3 ou 4 mois. Trop de follicules passent en même temps en phase de repos. Selon la revue de Malkud (2015), cette forme est le plus souvent spontanément résolutive et s’estompe en 6 mois environ, une fois la cause corrigée.

Parce que des mois séparent le déclencheur de la chute visible, la cause est souvent négligée. Les causes les plus fréquentes de ce type de chute vont des carences en nutriments aux médicaments, en passant par les hormones et le stress. Les points suivants les passent en revue.

Carence en fer et en nutriments

La carence en fer est l’une des causes les plus fréquentes, et souvent méconnue, de la chute diffuse, en particulier chez la femme. La valeur de réserve, la ferritine, est déterminante : selon le consensus des recommandations, une carence est retenue en dessous de 30 ng/ml, certains laboratoires plaçant le seuil sous 15 à 20 ng/ml. Lorsque le fer manque, cela freine la matrice capillaire, très active en division cellulaire, et pousse prématurément les follicules en phase télogène.

Une « valeur cible capillaire » plus élevée, de 40 à 70 ng/ml, est discutée par certains spécialistes ; elle remonte à la revue de Trost et al. (2006) et n’est pas confirmée par des études contrôlées. Les auteurs eux-mêmes parlaient de preuves insuffisantes pour une supplémentation en fer généralisée en cas de carence sans anémie. La DGE recommande 16 mg de fer par jour pour les femmes réglées et 11 mg pour les hommes. Plus d’informations sur Carence en fer et chute de cheveux ainsi que Vitamines contre la chute de cheveux.

Thyroïde (hyperactivité et hypoactivité)

Aussi bien une hypothyroïdie qu’une hyperthyroïdie peuvent provoquer une chute diffuse, car les hormones T3 et T4 participent à la régulation du cycle capillaire. Selon les études, environ 25 pour cent des personnes en hypothyroïdie et jusqu’à 15 pour cent en hyperthyroïdie rapportent une chute de cheveux. La TSH (fourchette de référence d’environ 0,4 à 4,0 mU/l, selon le laboratoire) est le premier test de dépistage.

Cette chute est typiquement diffuse et réversible, sur plusieurs mois, après normalisation des valeurs. Approfondissement dans le dossier Chute de cheveux et thyroïde et dans l’article détaillé Chute de cheveux due à l’hypothyroïdie.

Bouleversements hormonaux : accouchement, pilule, ménopause, SOPK

Les bouleversements hormonaux comptent parmi les causes les plus importantes de la chute de cheveux chez la femme. Après un accouchement, l’effluvium du post-partum débute le plus souvent 2 à 4 mois plus tard, car la baisse des œstrogènes fait passer jusqu’à 30 pour cent des follicules simultanément en phase de repos (normalement 10 à 15 pour cent). Selon les revues, plus de 95 pour cent des femmes récupèrent en 6 à 12 mois.

À la ménopause, la baisse du taux d’œstrogènes démasque la sensibilité génétique des follicules à la DHT. Il s’agit alors souvent d’une alopécie androgénétique qui devient visible, de type Ludwig, et non d’un simple effluvium. Chez les femmes plus jeunes, le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques, diagnostic selon les critères de Rotterdam) est une cause hormonale centrale et relève d’un bilan en médecine interne. Plus d’informations sur ces interactions dans l’article Hormones et cheveux.

Le stress peut-il provoquer une chute de cheveux ?

Oui, un stress physique ou psychique intense peut provoquer une chute de cheveux. Via l’activation de l’axe du stress (cortisol), les follicules sont poussés prématurément en phase de repos ; il en résulte un effluvium télogène diffus, typiquement 2 à 3 mois après l’événement éprouvant (JAAD Reviews, 2025). Une fois le stress apaisé, cette perte est en règle générale réversible.

La distinction est importante : le stress ne déclenche pas une chute génétique, mais il peut accélérer une évolution héréditaire déjà présente. Ainsi, une personne qui perd soudainement beaucoup de cheveux sous l’effet d’une contrainte présente le plus souvent un effluvium passager, et non une chute héréditaire nouvellement apparue.

Régimes draconiens, carence en protéines et en calories

Les régimes draconiens et une alimentation déséquilibrée peuvent provoquer une chute de cheveux, car il manque à l’organisme les briques nécessaires à une croissance capillaire très gourmande en énergie. Après une perte de poids importante, la chute diffuse débute le plus souvent 6 à 12 semaines après le début du régime. Des revues suggèrent qu’un apport en protéines inférieur à 0,8 g par kg de poids corporel et par jour pourrait environ doubler le risque d’effluvium télogène.

Outre les protéines, le zinc, les acides gras essentiels et l’apport calorique total jouent aussi un rôle dans les régimes restrictifs. Après un retour à une alimentation équilibrée, les cheveux récupèrent en règle générale.

Chute de cheveux après la COVID-19, une opération, un accouchement ou une fièvre

Des contraintes physiques aiguës comme une infection à la COVID-19, une opération, un accouchement ou une forte fièvre provoquent souvent un effluvium télogène aigu. Après la COVID-19, il survient souvent plus vite que d’ordinaire, avec un délai médian d’environ 1,5 mois après l’infection (JAAD). Selon une étude, environ 25 pour cent des personnes atteintes développent une telle chute au cours des 2 à 3 premiers mois (PMC8407603).

Le mécanisme est toujours le même : le stress physique pousse de nombreux follicules simultanément en phase de repos, et la perte ne devient visible qu’avec un décalage. Le pic se situe le plus souvent entre le 3e et le 5e mois, et la densité complète revient en règle générale en 6 à 12 mois.

Médicaments

Différents médicaments peuvent provoquer une chute de cheveux, le plus souvent sous forme d’effluvium télogène. Le tableau suivant présente les principales classes de substances. Un principe YMYL est déterminant : si vous suspectez un médicament, ne l’arrêtez jamais de votre propre initiative. Pour les anticoagulants et les traitements cardiovasculaires en particulier, il est impératif d’en parler au médecin prescripteur.

Classe de substances Exemples Type de chute déclenché
Bêtabloquants Propranolol, aténolol, métoprolol Effluvium télogène (rare)
Anticoagulants Héparine, warfarine ; selon des signalements de pharmacovigilance, aussi les AOD (rivaroxaban, dabigatran, apixaban) Effluvium télogène
Antidépresseurs / thymorégulateurs Citalopram, fluoxétine, sertraline, lithium Effluvium télogène
Rétinoïdes (oraux) Isotrétinoïne, acitrétine Effluvium télogène
Traitements thyroïdiens / hormonaux Mauvais dosage de L-thyroxine, arrêt de la pilule Effluvium télogène / hormonal
Chimiothérapies Cytostatiques en général Effluvium anagène (touche directement les cheveux en croissance, à distinguer)
Anticonvulsivants p. ex. valproate Effluvium télogène

Les sources de ce tableau incluent notamment DermNet et des signalements de suspicion issus de la pharmacovigilance. Les signalements évoqués concernant les AOD n’établissent pas de lien de causalité, ce sont des cas de suspicion. Si un nouveau médicament coïncide dans le temps avec la chute de cheveux, le médecin prescripteur est le bon interlocuteur.

Chute de cheveux saisonnière

Une légère chute de cheveux saisonnière est réelle, mais bénigne. Une cohorte de 823 femmes a montré la plus forte proportion de cheveux en phase de repos à la fin de l’été et au début de l’automne (d’août à octobre), et la plus faible en hiver (PubMed 19407435). L’effet est subtil et passager et ne crée pas de zones dégarnies visibles. Il se distingue clairement d’un véritable effluvium nécessitant un traitement.

La pelade (alopecia areata) : la cause auto-immune (L63)

La pelade (alopecia areata) est une cause auto-immune de chute de cheveux, dans laquelle le système immunitaire attaque des follicules pileux isolés, ce qui fait apparaître des plaques rondes, glabres et nettement délimitées. En Allemagne, selon la nouvelle recommandation AWMF S3 (registre 013-104, publiée le 18/09/2025), environ 170 000 personnes sont concernées, et la prévalence poolée à l’échelle internationale est d’environ 2,1 pour cent.

Des « cheveux en point d’exclamation » au bord des plaques sont typiques. La maladie peut survenir à tout âge et est souvent associée à d’autres maladies auto-immunes (comme la thyroïdite de Hashimoto ou le vitiligo), ainsi qu’à l’anxiété et à la dépression. L’évolution est imprévisible. Une rémission spontanée est possible, mais selon la recommandation dans moins de 10 pour cent des cas au cours des 6 premiers mois. Concernant les compléments alimentaires, la recommandation ne formule expressément aucune préconisation.

Un lien souvent décrit avec la vitamine D est intéressant : dans une étude, 97 pour cent des patients atteints de pelade présentaient une carence en vitamine D, contre 32,8 pour cent des témoins. La question de savoir si la carence favorise la maladie ou en est la conséquence reste ouverte. La pelade se traite en dermatologie, par exemple avec des corticoïdes ou des inhibiteurs de JAK plus récents.

L’alopécie cicatricielle : la cause à caractère d’urgence (L66)

L’alopécie cicatricielle (par exemple le lichen plan pilaire ou l’alopécie frontale fibrosante) détruit les follicules pileux de façon définitive et est irréversible. C’est pourquoi cette cause de chute de cheveux est la plus urgente : plus l’inflammation est stoppée tôt, plus de follicules sont préservés. La fenêtre de temps compte, avant que la cicatrisation ne soit achevée.

Les signes d’alerte sont une rougeur, des démangeaisons ou une sensation de brûlure associées à des zones brillantes et cicatricielles sans orifices folliculaires visibles. Toute personne remarquant cette combinaison doit consulter immédiatement un dermatologue. Le diagnostic repose le plus souvent sur une biopsie du cuir chevelu, la trichoscopie fournissant des indices précoces. Contrairement à l’effluvium diffus, il ne faut ici rien attendre.

Chute de cheveux mécanique et autres causes

La chute de cheveux mécanique résulte d’une traction prolongée. L’alopécie de traction touche typiquement la zone des bordures et des tempes et est due à des tresses serrées, à des extensions ou à un chignon permanent. À un stade précoce, elle est réversible ; en cas de traction persistante, elle peut devenir cicatricielle. Dans la trichotillomanie, les personnes concernées s’arrachent les cheveux de façon compulsive, ce qui relève d’une prise en charge psychologique.

Une autre cause est la teigne (tinea capitis), une infection fongique du cuir chevelu qui touche surtout les enfants de moins de 10 ans. Elle se manifeste par des plaques glabres squameuses, parfois inflammatoires, avec des cheveux cassants ; elle est contagieuse et se traite par des antifongiques oraux. Très rarement, une infection comme une syphilis secondaire peut aussi provoquer une alopécie « en clairière », ce qui relève d’un bilan médical.

La chute de cheveux est-elle héréditaire ? Et quel rôle joue le mode de vie ?

La prédisposition héréditaire est la cause la plus fréquente de chute de cheveux. Ce qui se transmet n’est toutefois pas un unique « gène de la calvitie du côté maternel », mais la sensibilité des follicules pileux à la DHT, et ce de façon polygénique, par les deux lignées parentales. La croyance répandue selon laquelle seul le grand-père maternel serait déterminant est ainsi réfutée.

Le mode de vie agit comme cofacteur aggravant, non comme cause unique. Pour le tabac, une méta-analyse (Gupta et al., 2024) montre un odds ratio de 1,82 pour l’alopécie androgénétique, et chez les gros fumeurs (à partir de 10 cigarettes par jour) un risque presque triplé de formes sévères. Une consommation importante d’alcool peut avoir un effet favorisant via une perturbation du métabolisme du zinc et du fer ; une consommation modérée n’est pas considérée comme un facteur de risque pertinent.

Idées reçues : qu’est-ce qui NE provoque PAS de chute de cheveux ?

Se laver les cheveux fréquemment, porter un bonnet, utiliser un sèche-cheveux et la plupart des produits coiffants ne provoquent pas de chute de cheveux durable. Ce sont des idées reçues répandues. Le tableau suivant confronte les erreurs les plus courantes aux faits.

Idée reçue Fait
Se laver les cheveux souvent provoque une chute de cheveux La fréquence des lavages n’influence pas le cycle capillaire. Les cheveux télogènes déjà détachés tombent seulement de façon plus visible au lavage, au lieu de finir plus tard sur l’oreiller ou le peigne.
Les bonnets et les casquettes rendent chauve Les couvre-chefs normaux n’exercent aucune traction notable et ne perturbent pas la circulation sanguine. Seuls des couvre-chefs extrêmement serrés, portés en permanence, pourraient contribuer à une traction naissante.
Le sèche-cheveux et le coiffage provoquent une chute de cheveux durable La chaleur et le coiffage peuvent malmener la tige du cheveu (casse), mais n’endommagent pas durablement les follicules pileux.
L’alopécie héréditaire vient uniquement de la famille de la mère La transmission est polygénique. La prédisposition peut se transmettre par les deux lignées parentales.
Le poirier ou le massage du cuir chevelu stimulent une croissance durable Une meilleure circulation sanguine est possible à court terme, mais un effet démontré sur la chute de cheveux d’origine génétique fait défaut.
Se couper les cheveux les fait repousser plus épais La coupe n’agit que sur la tige morte du cheveu et n’a aucune influence sur l’activité des follicules pileux.
Des shampoings spéciaux et les silicones stoppent la chute de cheveux Les silicones enrobent la tige du cheveu et la font paraître plus souple et plus dense, mais n’atteignent pas les follicules pileux. Sur le cycle capillaire, et donc sur la chute génétique ou diffuse, ils n’ont aucun effet ; ils peuvent tout au plus réduire la casse.
Un shampoing à la biotine ou à la caféine fait repousser les cheveux La preuve d’un effet contre la chute de cheveux d’origine génétique fait défaut. Un shampoing n’a qu’un temps de contact court sur le cuir chevelu. De plus, un apport de biotine n’est utile qu’en cas de véritable carence en biotine constatée médicalement, ce qui est rare.

Reconnaître la cause et poser le bon diagnostic : quand consulter ?

La cause d’une chute de cheveux se reconnaît à trois éléments : le motif (où ?), l’évolution (à quelle vitesse ?) et les valeurs sanguines. Le motif est le filtre le plus rapide. L’orientation suivante est une aide, mais ne remplace pas un diagnostic médical. Les signaux d’alerte comme des cicatrices, des démangeaisons ou des plaques soudaines et nettement délimitées doivent toujours être évalués sans délai.

Où les cheveux tombent-ils ? Groupe de causes probable Prochaine étape
Golfes temporaux / raie plutôt génétique (androgénétique) Dermatologue ou analyse capillaire
uniformément sur tout le crâne diffuse (chercher le déclencheur) Médecin généraliste, bilan sanguin
plaques rondes et glabres auto-immune (alopecia areata) Dermatologue
rougie, qui démange, cicatricielle alopécie cicatricielle Urgence : consulter immédiatement un dermatologue

Pour la chute diffuse, une règle simple de la fenêtre de temps aide : si les cheveux tombent maintenant en plus grande quantité, examinez les événements survenus environ 3 mois plus tôt (mois actuel moins 3). C’est précisément ce décalage télogène de 3 à 4 mois (Malkud 2015) qui masque souvent la véritable cause, par exemple une infection, un régime ou une opération.

Un dermatologue examine le cuir chevelu à l'aide d'un trichoscope pour déterminer la cause de la chute de cheveux

Le diagnostic comprend l’interrogatoire, le test de traction, la trichoscopie et un bilan sanguin. La liste de contrôle suivante indique les valeurs utiles. Détails sur le diagnostic de laboratoire dans l’article Analyse de sang en cas de chute de cheveux.

Liste de contrôle pour la consultation (à imprimer)

Vous répondez au mieux à ces questions au préalable :

  • Depuis quand les cheveux tombent-ils, et à quelle vitesse ?
  • Où exactement (golfes temporaux, raie, tout le crâne, plaques) ?
  • Y a-t-il des cas de chute de cheveux dans la famille ?
  • Quels médicaments prenez-vous ?
  • Y a-t-il eu un événement il y a environ 3 mois (accouchement, opération, régime, infection, COVID, stress intense) ?

Vous pouvez évoquer ces valeurs sanguines (les fourchettes cibles servent de repère, à interpréter médicalement en cas de doute) :

  • Ferritine : carence confirmée en dessous de 30 ng/ml. Une « valeur cible capillaire » plus élevée, de 40 à 70 ng/ml, est discutée, mais n’est pas confirmée par des études.
  • TSH : fourchette de référence d’environ 0,4 à 4,0 mU/l (selon le laboratoire).
  • 25-OH-vitamine D : lien décrit avec la pelade, causalité non établie.
  • Zinc : référence DGE de 7 à 16 mg par jour selon le sexe et l’alimentation.
  • Chez la femme, le cas échéant, statut hormonal / androgènes pour le bilan d’un SOPK selon les critères de Rotterdam.

Réversible ou définitive ? Et : diffuse ou génétique ?

La réversibilité d’une chute de cheveux dépend de la cause : les déclencheurs diffus (fer, thyroïde, stress, hormones) sont le plus souvent corrigeables, tandis que l’alopécie héréditaire et cicatricielle progressent sans traitement. Dans l’effluvium diffus, la repousse suit le cycle capillaire, ce qui explique qu’elle prenne quelques mois. La chronologie suivante montre l’évolution typique après correction du déclencheur.

Période Ce qui se passe dans le follicule
Mois 1-2 Le déclencheur est identifié ou corrigé, la chute de cheveux commence à ralentir.
Mois 3-4 Les follicules entrent de plus en plus de nouveau en phase de croissance. Avec les déclencheurs aigus (COVID, accouchement), le pic de la chute se situe souvent ici.
Mois 5-6 Les premiers cheveux fins, les « baby hairs », deviennent visibles.
Mois 9-12 Pour la plupart des formes d’effluvium, récupération large à complète de la densité (post-partum : plus de 95 % des cas).

La chute diffuse sur tout le crâne a presque toujours une cause corrigeable et se traite de façon étiologique, non chirurgicalement. Seule l’alopécie génétique (androgénétique) avec son motif typique, à savoir des golfes temporaux ou une raréfaction de la raie, répond aux traitements capillaires ou à une greffe de cheveux. Souvent, les deux formes coexistent. C’est pourquoi la question posée au départ est toujours : de quel type s’agit-il ? Une analyse capillaire gratuite permet un premier classement visuel et ne remplace pas une analyse de sang réalisée par un médecin.

Le regard de la pratique clinique

Chez la femme en particulier, une chute diffuse est souvent trop vite considérée comme « génétique » en pratique clinique, alors qu’une carence en fer, un trouble de la thyroïde ou un bouleversement hormonal se cache derrière. À l’inverse, un motif androgénétique débutant peut facilement passer inaperçu si l’on ne recherche que des déclencheurs. C’est pourquoi la détermination rigoureuse du type de chute de cheveux devrait toujours venir en premier, avant toute décision de traitement.

Questions fréquentes sur les causes de la chute de cheveux

Quelle est la cause la plus fréquente de la chute de cheveux ?

De loin l’alopécie héréditaire (androgénétique). Selon l’âge, elle touche grosso modo la moitié aux deux tiers des hommes et de nombreuses femmes à un âge plus avancé. Ce qui se transmet n’est pas la calvitie elle-même, mais la sensibilité des racines des cheveux à l’hormone DHT.

Le stress peut-il vraiment provoquer une chute de cheveux ?

Oui. Un stress physique ou psychique intense peut faire passer de nombreux cheveux prématurément en phase de repos ; la chute ne se manifeste alors le plus souvent que 2 à 3 mois plus tard. Le stress ne déclenche pas une chute génétique, mais il peut l’accélérer. Une fois le stress apaisé, les cheveux récupèrent en règle générale.

Quelle carence entraîne le plus souvent une chute de cheveux ?

C’est le plus souvent une carence en fer qui est en cause, surtout chez la femme. La valeur déterminante est la ferritine, qui reflète les réserves de fer. Elle peut déjà être trop basse, alors que le bilan sanguin standard paraît encore normal, et provoquer malgré tout une chute de cheveux.

La chute de cheveux est-elle réversible, les cheveux repoussent-ils ?

Cela dépend entièrement de la cause. Une chute diffuse due à une carence en fer, à la thyroïde, au stress ou aux hormones régresse le plus souvent une fois le déclencheur disparu. L’alopécie héréditaire progresse sans traitement, et l’alopécie cicatricielle reste définitive.

Comment savoir de quelle cause je souffre ?

Surtout au motif et à l’évolution. Des golfes temporaux ou une raie clairsemée évoquent plutôt une origine héréditaire, une raréfaction uniforme une cause diffuse, des plaques rondes et glabres une origine auto-immune. Des zones rougies, qui démangent ou cicatricielles sont un signal d’alerte. Seul un examen médical permet un classement sûr.

Combien de cheveux par jour est-il encore normal de perdre ?

Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est tout à fait normal. Ce n’est que lorsqu’il en tombe nettement plus durablement, que les cheveux s’affinent visiblement ou que des zones glabres apparaissent qu’un bilan devient utile.

Quel médecin consulter en cas de chute de cheveux ?

Pour un premier bilan et une analyse de sang, le médecin généraliste est un bon point de départ. En cas de plaques rondes, de rougeur ou de cicatrisation, il faut consulter un dermatologue. Des zones rougies, qui démangent ou cicatricielles devraient être examinées rapidement par un dermatologue.

Les hormones, la pilule ou la ménopause provoquent-elles une chute de cheveux ?

Oui. Après un accouchement ou l’arrêt de la pilule, une baisse des œstrogènes peut faire tomber temporairement de nombreux cheveux. À la ménopause, une raréfaction héréditaire au niveau de la raie apparaît souvent. Chez les femmes plus jeunes, un SOPK est une cause hormonale importante.

Un régime peut-il déclencher une chute de cheveux ?

Oui, en particulier les régimes draconiens trop pauvres en protéines et en calories. La chute de cheveux débute alors le plus souvent 6 à 12 semaines après le début du régime. Dès que l’alimentation redevient équilibrée, les cheveux repoussent en règle générale.

Pourquoi de nombreux cheveux tombent-ils soudainement après un accouchement ou la COVID ?

Dans les deux cas, il s’agit d’un effluvium télogène aigu. Après la COVID, les cheveux tombent souvent dès environ 1,5 mois, après un accouchement plutôt après 2 à 4 mois. L’organisme fait alors passer de nombreux cheveux simultanément en phase de repos. La récupération prend le plus souvent 6 à 12 mois.

Se laver souvent les cheveux ou porter un bonnet provoque-t-il une chute de cheveux ?

Non, ce sont des idées reçues tenaces. La fréquence des lavages ne change rien au cycle capillaire, les cheveux déjà détachés tombent seulement de façon plus visible au lavage. Les bonnets ordinaires n’exercent aucune traction notable et ne perturbent pas la circulation sanguine.

Perd-on vraiment plus de cheveux en automne ?

Un peu, oui. À la fin de l’été et au début de l’automne, un peu plus de cheveux se trouvent en phase de repos, ce qui fait légèrement augmenter la chute. L’effet est toutefois faible, passager et bénin, et ne laisse pas de zones dégarnies visibles.

Le tabac ou l’alcool peuvent-ils favoriser la chute de cheveux ?

Le tabac augmente de façon démontrée le risque d’alopécie héréditaire, en particulier chez les gros fumeurs. Une consommation importante d’alcool peut y contribuer en plus, via une perturbation de l’équilibre du zinc et du fer. Les deux sont des facteurs aggravants, mais pas une cause unique.

Sources

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  • Malkud S.: Telogen Effluvium: A Review. J Clin Diagn Res. 2015. PMC4606321
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  • Seasonality of hair shedding in healthy women. PubMed 19407435
  • DGE: Referenzwerte Eisen und Zink. dge.de

Mise à jour 2026. Cet article a une visée d’information générale et ne remplace pas un diagnostic ni un traitement médical. En cas de chute de cheveux persistante ou soudaine, de zones rougies, qui démangent ou cicatricielles, ainsi qu’avant d’arrêter un médicament, veuillez vous adresser à un médecin.

Dr. Imad Moustafa

Dr. Imad Moustafa

Médecin en greffe capillaire

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