En bref : le finastéride contre la chute de cheveux
Le finastéride est un inhibiteur de la 5-alpha-réductase soumis à prescription, qui bloque la conversion de la testostérone en dihydrotestostérone (DHT) et ralentit ainsi la chute de cheveux héréditaire (alopécie androgénétique) chez l’homme. À la dose de 1 mg par jour, la chute de cheveux s’est stabilisée, selon les études d’homologation, chez environ 90 % des hommes sur cinq ans, une partie d’entre eux enregistrant un gain visible. L’effet ne dure que tant que le médicament est pris.
- ✓Classe pharmacologique : inhibiteur de la 5-alpha-réductase (type II), abaisse la DHT sérique d’environ 71 %
- ✓Posologie contre la chute de cheveux : 1 mg par jour (le comprimé de 5 mg est destiné à la prostate)
- ✓soumis à prescription, non remboursé car considéré comme médicament de confort
- ✓n’agit que contre la chute de cheveux androgénétique (héréditaire)
- ✓réversible : après l’arrêt, la chute de cheveux revient en 9 à 12 mois
- ✓contre-indiqué chez la femme en âge de procréer (risque de malformations)
Le finastéride est un médicament dont les effets indésirables sont réels. Pas d’automédication : son usage relève du médecin, y compris l’information sur les effets indésirables sexuels et psychiques (en 2026).
Sommaire
- Qu’est-ce que le finastéride et comment agit-il ?
- Quelle est l’efficacité du finastéride contre la chute de cheveux ?
- En combien de temps le finastéride agit-il ? La chronologie de l’effet
- Bien prendre le finastéride : la posologie
- Comment obtenir une ordonnance de finastéride ?
- Combien coûte le finastéride ? Original, génériques et remboursement
- Le finastéride topique : l’alternative à appliquer ?
- Le finastéride fausse-t-il le taux de PSA ?
- Quels sont les effets secondaires du finastéride ?
- Syndrome post-finastéride et effets psychiques : qu’est-ce qui est établi ?
- Arrêter le finastéride : que se passe-t-il alors ?
- Les femmes peuvent-elles prendre du finastéride ?
- Finastéride, minoxidil ou dutastéride ?
- Diffuse ou génétique ? Quand le finastéride n’est pas la bonne approche
- Conclusion : le finastéride en un coup d’œil (2026)
- Questions fréquentes sur le finastéride
- Sources scientifiques
Qu’est-ce que le finastéride et comment agit-il ?
Le finastéride est un médicament soumis à prescription qui ralentit la chute de cheveux héréditaire chez l’homme en abaissant la DHT, l’hormone qui endommage le follicule. Sur le plan pharmacologique, le finastéride est un 4-azastéroïde et un inhibiteur sélectif de la 5-alpha-réductase de type II. Son effet repose sur le blocage de cette enzyme, qui convertit la testostérone en dihydrotestostérone (DHT), nettement plus puissante. Selon le RCP (résumé des caractéristiques du produit) de Propecia (Organon, version d’août 2024), la sélectivité pour l’isoforme de type II est plus de 100 fois supérieure à celle pour le type I.
Fiche signalétique du finastéride
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Classe pharmacologique | inhibiteur de la 5-alpha-réductase (type II) |
| Indication | alopécie androgénétique (chute de cheveux héréditaire) chez l’homme |
| Posologie contre la chute de cheveux | 1 mg par jour, par voie orale |
| Effet sur la DHT | abaisse le taux de DHT sérique d’environ 71 % |
| Délai d’action | première stabilisation après 3 à 6 mois |
| Tranche d’âge homologuée | hommes de 18 à 41 ans (études d’homologation) |
| Prescription et remboursement | soumis à prescription, non remboursé |
| Coût mensuel (générique) | env. 15 à 30 euros (en 2026) |
| Après l’arrêt | la chute de cheveux revient en 9 à 12 mois |
La DHT est le moteur central de l’alopécie androgénétique. Dans le cuir chevelu qui se dégarnit, les quantités de DHT sont accrues, et l’hormone raccourcit la phase de croissance (anagène) des follicules génétiquement sensibles. Les cheveux deviennent plus fins et plus courts à chaque cycle, un processus appelé miniaturisation. Le finastéride agit précisément sur cette cause.

L’ampleur de la baisse de DHT sous finastéride a été montrée par l’étude de recherche de dose de Roberts et ses collègues (1999) : à 1 mg par jour, le taux de DHT sérique a chuté de 71,4 %, et de 64,1 % sur le cuir chevelu lui-même. La courbe dose-effet s’aplatit tôt : dès 0,2 mg, une grande partie de la baisse maximale possible était atteinte, et 5 mg n’apportaient guère plus.
C’est précisément la raison pour laquelle 1 mg est la dose standard contre la chute de cheveux. Le finastéride agit de façon systémique, c’est-à-dire sur l’ensemble du corps, contrairement au finastéride topique (voir plus bas) et au minoxidil, qui agit uniquement localement et sans intervention hormonale. Le fonctionnement du cycle pilaire, avec ses phases anagène, catagène et télogène, est expliqué dans l’article sur le cycle pilaire.
Quelle est l’efficacité du finastéride contre la chute de cheveux ?
Le finastéride contre la chute de cheveux arrête ou ralentit chez la majorité des hommes la chute de cheveux héréditaire, et une partie obtient un gain visible. La base de preuves repose sur trois études de phase III randomisées et contrôlées contre placebo, portant sur 1 879 hommes âgés de 18 à 41 ans (RCP de Propecia, section 5.1). Les principaux chiffres à cinq ans :
- ✓Stabilisation : chez 90 % (photographies d’ensemble) et 93 % (investigateurs), la chute de cheveux est restée stable sur cinq ans.
- ✓Gain : une augmentation de la pousse des cheveux a été observée chez 65 % (comptage des cheveux), 48 % (comité d’experts) et 77 % (investigateurs).
- ✓Nombre de cheveux : après 2 ans +88 cheveux, après 5 ans encore +38 cheveux par zone de mesure, contre -239 cheveux sous placebo après 5 ans.
Kaufman et ses collègues (2008) l’ont confirmé de façon indépendante : sur cinq ans, le finastéride 1 mg a réduit de 93 % le risque d’une nouvelle chute de cheveux visible par rapport au placebo (intervalle de confiance à 95 % de 89 à 97, p inférieur à 0,001). Il faut préciser, pour situer ces résultats, que les effectifs du groupe placebo sont devenus faibles au fil des années. La tendance en faveur du finastéride reste néanmoins nette et documentée à plusieurs reprises.

Il faut rester honnête sur le champ d’action. L’efficacité est surtout démontrée au sommet du crâne et dans la zone du vertex. Pour le recul bitemporal de la ligne frontale, c’est-à-dire les golfes temporaux classiques, ainsi que pour la perte de cheveux au stade terminal, aucune efficacité n’a été explicitement démontrée selon le texte d’homologation. Sur des follicules déjà entièrement perdus, le finastéride n’a aucun effet : il ne fait pas repousser les zones dégarnies.
Cela explique pourquoi les attentes doivent correspondre au stade. L’échelle de Hamilton-Norwood aide à situer le bénéfice réaliste : plus la chute est précoce, plus il est possible de préserver de cheveux. En cas de calvitie étendue, le médicament n’apporte presque plus rien.
Attente réaliste du finastéride selon le stade de Norwood
| Stade de Norwood | Manifestation | Attente réaliste |
|---|---|---|
| NW 2 à 3 | golfes temporaux naissants, léger affinement | conservation très probable, densification partielle au sommet du crâne |
| NW 3v à 4 | vertex et sommet du crâne touchés | chute généralement stabilisable, repousse limitée |
| NW 5 | zones dégarnies plus étendues | conservation de la densité résiduelle possible, les zones dégarnies persistent |
| NW 6 à 7 | calvitie étendue | bénéfice minime, aucun effet sur les follicules perdus |
Repère approximatif, pas un pronostic individuel. L’évaluation du stade et le choix du traitement relèvent du médecin.
En combien de temps le finastéride agit-il ? La chronologie de l’effet
La rapidité d’action du finastéride dépend du cycle pilaire, qui est lent : selon le RCP, les premiers signes d’une stabilisation ne sont en général à attendre qu’après 3 à 6 mois de prise continue. Les améliorations du nombre de cheveux étaient les plus importantes après environ 2 ans, puis ont lentement diminué, tout en restant nettement meilleures que sous placebo jusqu’à la 5e année.
| Période | Ce qui se passe dans le cycle pilaire | Ce que vous remarquez |
|---|---|---|
| Mois 0 à 3 | la DHT baisse (jusqu’à environ 71 %), l’environnement du follicule se modifie | le plus souvent aucun changement visible, patience nécessaire |
| Mois 3 à 6 | le taux de chute se normalise | la chute diminue nettement (première stabilisation) |
| Mois 6 à 12 | la phase anagène se stabilise | une densification visible est possible au sommet du crâne |
| Mois 12 à 24 | effet maximal vers la 2e année, puis effet d’entretien | plateau, effet uniquement si la prise se poursuit |
Évolution individuelle. Une absence d’effet après 12 mois doit être discutée avec le médecin.
Un mot sur les avis et sur ce que l’on appelle le shedding initial. Contrairement au minoxidil, pour lequel une phase de chute initiale est bien documentée, le RCP ne mentionne pas de shedding initial comme effet indésirable propre au finastéride. Il est décrit ponctuellement dans les forums et les avis, mais il n’est pas établi de façon homogène et ne devrait pas être assimilé au shedding du minoxidil, mieux documenté.
Ce qui marque encore les expériences avec le finastéride : celui qui commence tardivement ou présente un stade de Norwood élevé constate plus rarement une repousse visible et plutôt une conservation. Cela correspond aux données des études et n’est pas une mauvaise expérience, mais l’attente réaliste. Les témoignages individuels ne remplacent pas un suivi médical.
Bien prendre le finastéride : la posologie
La posologie du finastéride contre la chute de cheveux est de 1 mg par jour, avec ou sans repas, si possible à la même heure. La biodisponibilité orale est d’environ 80 % et n’est pas influencée par l’alimentation (RCP, section 4.2). Important : une dose plus élevée n’est pas plus efficace selon le RCP, car la baisse de la DHT est déjà presque maximale à 1 mg.
La différence entre 1 mg et 5 mg est ainsi claire : le comprimé de 5 mg (par exemple Proscar) est homologué pour l’hypertrophie bénigne de la prostate, pas pour les cheveux. Le couper soi-même en quatre ou augmenter la dose de sa propre initiative n’est pas une voie pertinente. L’effet n’existe de toute façon qu’en cas de prise continue, une cure unique n’apporte rien.
Le sujet du microdosing revient souvent, c’est-à-dire des doses plus faibles ou une prise un jour sur deux pour réduire les effets indésirables. La courbe dose-effet plate permet de le déduire en théorie, mais aucune étude contrôlée n’a comparé un tel schéma à la dose quotidienne de 1 mg sur des critères de pousse des cheveux. Cela reste une individualisation hors AMM à encadrer médicalement, pas un traitement standard.
Comment obtenir une ordonnance de finastéride ?
Une ordonnance de finastéride s’obtient exclusivement auprès d’un médecin, car la substance est soumise à prescription (RCP, section 11). Les premiers interlocuteurs sont le médecin généraliste, le dermatologue ou l’urologue. Le médecin pose le diagnostic, informe sur les bénéfices et les risques et prescrit le finastéride en cas d’indication.
Par ailleurs, des services de télémédecine sérieux proposent une ordonnance en ligne. Après un questionnaire médical ou un entretien vidéo, un médecin habilité établit l’ordonnance et le médicament est livré par une pharmacie en ligne. Cette voie est légale tant qu’un médecin est réellement impliqué et que l’information sur les risques est donnée, y compris les mises en garde sur l’humeur et les idées suicidaires mentionnées dans la lettre aux professionnels de santé de 2025.
Mise en garde contre l’achat sans ordonnance : les offres qui promettent du finastéride sans ordonnance via des pharmacies étrangères douteuses ou des boutiques en ligne sont risquées. La teneur en principe actif de ces préparations n’est pas garantie, et les contrefaçons et impuretés existent. Sans information médicale, l’évaluation importante des risques disparaît en outre (taux de PSA, antécédents psychiques, désir d’enfant). N’achetez du finastéride qu’avec une ordonnance, dans une pharmacie agréée.
Combien coûte le finastéride ? Original, génériques et remboursement
Le finastéride coûte, en générique et, en 2026, environ 15 à 30 euros par mois, selon le fournisseur et la taille du conditionnement ; le médicament original Propecia se situe nettement au-dessus. Comme le finastéride contre la chute de cheveux n’est pas pris en charge par l’assurance maladie, les patients paient ce montant eux-mêmes.
Le principe actif est identique dans l’original et le générique. Depuis l’expiration du brevet, il existe de nombreux génériques à 1 mg qui contiennent le même principe actif à la même dose et sont le plus souvent bien moins chers que l’original Propecia. Sur le plan médical, il n’y a aucune différence d’effet entre l’original et un générique contrôlé par les autorités. Le prix est donc le principal argument en faveur d’un générique.
Considéré comme un médicament dit de confort, le finastéride contre la chute de cheveux n’est en règle générale pas remboursé par l’assurance maladie, même avec une ordonnance. Pour l’indication prostatique (5 mg), la situation de remboursement peut être différente, mais cela ne concerne pas le traitement de la chute de cheveux.
Le finastéride topique : l’alternative à appliquer ?
Le finastéride topique s’applique directement sur le cuir chevelu sous forme de lotion ou de spray et vise à abaisser la DHT localement, avec une charge systémique moindre. Il ne relève plus seulement de la préparation magistrale en zone grise : avec Finjuve (spray à 2,275 mg/ml, fabricant Almirall), il existe désormais dans certains pays d’Europe une spécialité pharmaceutique homologuée, appliquée une fois par jour à raison de 1 à 4 pulvérisations chez les hommes de 18 à 41 ans.
Il existe par ailleurs toujours des préparations magistrales individuelles en pharmacie, par exemple une lotion capillaire au finastéride à 0,15 %, souvent associée au minoxidil. Celles-ci n’ont pas fait l’objet de leur propre étude d’homologation. Le rationnel du finastéride topique est une baisse plus faible de la DHT dans le sang et donc potentiellement moins d’effets indésirables systémiques. Les données à long terme sont toutefois plus limitées que pour la forme orale.
Important, y compris pour le finastéride topique : « seulement en usage externe, donc inoffensif » est faux. Le finastéride appliqué peut lui aussi se transmettre à d’autres personnes par contact cutané (oreiller, mains, serviette). Pour les femmes enceintes, la même prudence s’applique qu’avec le comprimé, car le risque de malformations existe pour les fœtus masculins. Laisser sécher la zone d’application, éviter le contact avec les femmes enceintes et les enfants.
Le finastéride fausse-t-il le taux de PSA ?
Oui, le finastéride abaisse le taux de PSA, le principal marqueur sanguin du dépistage du cancer de la prostate. Le RCP formule la règle pratique textuellement : « Un doublement du taux de PSA devrait être envisagé chez les hommes prenant Propecia avant d’interpréter ce résultat de test. » Celui qui prend du finastéride doit donc le signaler à tout médecin traitant.
Concrètement, dans les études menées chez de jeunes hommes, le PSA moyen est passé de 0,7 à 0,5 ng/ml après 12 mois. La règle empirique répandue d’une réduction de moitié provient d’études menées chez des hommes plus âgés avec la dose de 5 mg. Il est donc judicieux de faire déterminer un taux de PSA de référence avant de commencer le traitement, afin que les contrôles ultérieurs soient correctement interprétés.
Un malentendu fréquent concerne le risque de cancer de la prostate. L’étude PCPT souvent citée a examiné 5 mg de finastéride chez des hommes de plus de 55 ans pour la prévention du cancer, pas l’indication de la chute de cheveux à 1 mg. Dans cette étude, le taux global de carcinomes de la prostate a baissé de 24,1 %, tandis que la proportion de tumeurs de plus haut grade était légèrement augmentée. Transposer ces données au traitement de la chute de cheveux chez de jeunes hommes serait trompeur. Ce à quoi ressemble un test sanguin pertinent en cas de chute de cheveux est détaillé dans l’article dédié.
Quels sont les effets secondaires du finastéride ?
Les effets secondaires les plus fréquents du finastéride touchent la fonction sexuelle : baisse de la libido, troubles de l’érection et de l’éjaculation. Selon le RCP, des effets indésirables sexuels sont survenus la première année chez 3,8 % des utilisateurs de finastéride contre 2,1 % sous placebo. Au cours des quatre années suivantes, la fréquence est tombée à 0,6 %. Environ 1 % ont interrompu le traitement pour cette raison la première année.
- •Les effets indésirables sexuels sont le plus souvent réversibles et diminuent au cours du traitement.
- •La dépression est listée comme « peu fréquente », mais dans les études randomisées il n’y avait aucune différence avec le placebo.
- •Un nodule, des douleurs ou un écoulement au niveau du sein doivent être examinés sans délai par un médecin (rares signalements de cancer du sein chez l’homme).
| Effet indésirable | Fréquence (selon le RCP) | Après l’arrêt | Remarque |
|---|---|---|---|
| Baisse de la libido | peu fréquent | le plus souvent réversible | effet indésirable sexuel le plus fréquent |
| Troubles de l’érection | peu fréquent | le plus souvent réversible | à signaler au médecin |
| Troubles de l’éjaculation | peu fréquent | le plus souvent réversible | y compris une diminution du volume de l’éjaculat |
| Tension mammaire, gynécomastie | indéterminée | parfois réversible | faire examiner tout nodule ou écoulement |
| Dépression | peu fréquent | données incertaines | aucune différence avec le placebo dans les études, à prendre néanmoins au sérieux |
| Anxiété, idées suicidaires | indéterminée (notifications spontanées) | données incertaines | lettre aux professionnels de santé 2025, consulter immédiatement un médecin |
| Hypersensibilité (éruption cutanée, urticaire, angioœdème) | indéterminée | après l’arrêt | rare, faire examiner tout gonflement par un médecin |
Catégories de fréquence du RCP : peu fréquent = 1 à 10 pour 1 000, « indéterminée » = ne peut être estimée à partir des données (notifications spontanées). Ne remplace pas l’information donnée par un médecin.
L’équilibre est important ici : le finastéride n’est ni inoffensif ni « synonyme d’impuissance ». La majorité des hommes le tolèrent, une part non négligeable remarque des effets indésirables sexuels, qui régressent le plus souvent après l’arrêt. Les interactions avec d’autres médicaments sont faibles selon le RCP (métabolisation par le CYP3A4), une information médicale avant de commencer reste néanmoins obligatoire.
Syndrome post-finastéride et effets psychiques : qu’est-ce qui est établi ?
On appelle syndrome post-finastéride (PFS) des troubles sexuels, physiques et psychiques qui persisteraient après l’arrêt du finastéride. La question de savoir si le finastéride déclenche ces troubles de façon causale n’est pas scientifiquement tranchée. Les autorités prennent les signalements au sérieux, mais une preuve simple de causalité fait défaut à ce jour (en 2026).
La réglementation s’est durcie progressivement. En 2012, l’autorité américaine FDA a ajouté des mentions sur les troubles de la fonction sexuelle pouvant persister après l’arrêt. En 2017, l’EMA a intégré une mise en garde sur les modifications de l’humeur, y compris la dépression et, plus rarement, les idées suicidaires, et a estimé qu’un lien de causalité constituait une « possibilité au moins plausible ».
La preuve la plus récente et la plus importante provient d’un examen de sécurité mené à l’échelle de l’UE en 2025 (EMA). Cet examen a identifié 325 cas pertinents d’idées suicidaires dans la base de données EudraVigilance. Depuis, une carte patient accompagne les conditionnements de 1 mg. En même temps, le comité a conclu que le bénéfice du finastéride continue de l’emporter sur les risques.
Sur le plan scientifique, le PFS en tant qu’entité pathologique à part entière est controversé. Une enquête auprès de dermatologues espagnols (2025) a montré que 98,1 % considèrent le PFS comme plutôt psychiatrique ou dû à un effet nocebo. D’autres études, à orientation mécanistique, rapportent en revanche des différences biologiques mesurables. Ni « le PFS est prouvé » ni « le PFS est une pure invention » ne sont scientifiquement tenables.
Conduite à tenir : en cas d’humeur dépressive, de baisse d’humeur persistante ou d’idées suicidaires sous finastéride, le RCP et la lettre aux professionnels de santé indiquent : interrompre le traitement et demander sans délai un avis médical. Ne pas continuer à en prendre sans en parler, mais ne pas non plus arrêter en cachette et sans accompagnement médical. En cas de détresse psychologique ou de pensées suicidaires, contactez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et accessible 24h/24 et 7j/7. En cas d’urgence médicale, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Checklist : à clarifier avec un médecin avant de commencer le finastéride
- ☐ Désir d’enfant et planification familiale (si besoin, spermogramme comme examen de référence)
- ☐ Antécédents de dépression ou d’autres troubles psychiques
- ☐ Déterminer un taux de PSA de référence (le finastéride abaisse le PSA)
- ☐ Aborder les médicaments en cours et les maladies du foie
- ☐ Clarifier les attentes : conservation ou repousse, en fonction du stade de Norwood
- ☐ Discuter des alternatives (minoxidil, finastéride topique, greffe de cheveux)
Ces points aident lors de l’entretien médical, mais ne remplacent pas la consultation médicale.
Arrêter le finastéride : que se passe-t-il alors ?
Si l’on arrête le finastéride, la DHT remonte et la chute de cheveux héréditaire reprend. Selon le RCP, les effets régressent en l’espace de 6 mois, et après 9 à 12 mois l’état initial, non traité, est de nouveau atteint. Le capital conservé grâce au traitement se perd durant cette période.
Il en découle une conséquence centrale pour la décision : le finastéride est un traitement au long cours, pas une cure unique. Celui qui veut conserver le résultat le prend en continu. Un arrêt devrait se faire en concertation avec le médecin, surtout si la raison en est des effets indésirables, afin d’examiner ensemble des alternatives.
Les femmes peuvent-elles prendre du finastéride ?
Le finastéride est contre-indiqué chez la femme en âge de procréer. Parce qu’il inhibe la formation de DHT, sa prise par une femme enceinte peut entraîner des malformations des organes génitaux externes des fœtus masculins (tératogénicité). Les femmes enceintes ou susceptibles de l’être ne doivent même pas toucher des comprimés cassés ou écrasés, en raison de l’absorption possible par la peau.
Consigne de sécurité importante (grossesse) : les femmes enceintes ou susceptibles de l’être ne doivent pas toucher des comprimés de finastéride cassés ou écrasés. Le principe actif peut être absorbé par la peau et entraîner chez le fœtus masculin des malformations des organes génitaux externes. Les comprimés pelliculés intacts sont sans danger lors d’une manipulation normale grâce à leur enrobage. Conservez le médicament hors de portée des femmes enceintes et des enfants.
Le thème du finastéride et des femmes comporte aussi un chiffre souvent négligé : chez les femmes ménopausées atteintes d’alopécie androgénétique et traitées pendant 12 mois par finastéride 1 mg, aucune efficacité n’a pu être démontrée selon l’étude d’homologation. Une revue Cochrane juge globalement insuffisant le niveau de preuve chez la femme.
Chez les femmes, la chute de cheveux diffuse a en outre souvent d’autres causes, par exemple une carence en fer ou un trouble de la thyroïde. Avant toute discussion sur un principe actif, il y a donc la recherche de la cause. Pour en savoir plus, voir l’article Chute de cheveux chez la femme ainsi que, sur le rôle des hormones, l’article Hormones et cheveux.
Finastéride, minoxidil ou dutastéride ?
Le finastéride, le minoxidil et le dutastéride agissent à des endroits différents : le finastéride et le dutastéride abaissent la DHT (la cause), le minoxidil prolonge localement la phase de croissance, sans intervention hormonale. La recommandation européenne S3 sur l’alopécie androgénétique (EDF, Kanti et ses collègues 2018) cite le minoxidil topique à 5 % et le finastéride oral à 1 mg comme traitements de haut niveau de preuve.
- •Association : une méta-analyse de 7 études randomisées (n=396) a trouvé l’association de minoxidil et de finastéride plus efficace que chacune des monothérapies.
- •Dutastéride : inhibe les deux types d’enzyme et abaisse la DHT plus fortement (environ 90 à 93 %), mais n’est homologué en Europe que pour la prostate. Son emploi contre la chute de cheveux est hors AMM.
| Critère | Finastéride | Minoxidil | Dutastéride | Greffe de cheveux |
|---|---|---|---|---|
| Principe d’action | inhibe la 5-alpha-réductase, abaisse la DHT | prolonge la phase anagène, favorise la circulation sanguine | inhibe les deux types de 5-AR (plus puissamment) | transplante des follicules résistants à la DHT |
| Utilisation | par voie orale, tous les jours | topique (lotion, mousse) | par voie orale | intervention unique (FUE et DHI) |
| Homologation AGA | oui (homme) | oui | hors AMM | intervention établie |
| Effet après l’arrêt ? | non (traitement au long cours) | non (traitement au long cours) | non | permanent |
| Effet hormonal systémique | oui (effets indésirables sexuels possibles) | aucun (pas d’action hormonale) | oui (plus fort) | aucun |
La comparaison est factuelle, ce n’est pas une recommandation thérapeutique. L’option ou l’association qui convient dépend du stade, de l’âge et de la tolérance individuelle et doit être clarifiée avec un médecin. Un autre principe actif, plus récent, est la clascotérone topique, qui bloque la DHT localement au niveau du follicule et qui est décrite dans l’article sur la clascotérone.
Diffuse ou génétique ? Quand le finastéride n’est pas la bonne approche
Le finastéride n’agit que contre la chute de cheveux androgénétique, c’est-à-dire héréditaire, reconnaissable au motif avec golfes temporaux et sommet du crâne ou vertex clairsemé. Une chute de cheveux diffuse sur l’ensemble de la tête, due à une carence en fer, un trouble de la thyroïde ou d’autres causes, ne répond pas au finastéride. Ici, il faut d’abord rechercher la cause, et souvent les deux formes surviennent en même temps.
C’est pourquoi il vaut la peine d’observer le motif. Un affinement diffus sans motif net évoque plutôt un effluvium télogène, par exemple dû à une carence en fer ou à un trouble de la thyroïde. Un regard sur les causes de la chute de cheveux et l’article sur l’alopécie androgénétique aide à situer les choses.

C’est précisément là qu’intervient une analyse capillaire. Elle détermine quel type est en cause avant de décider d’un traitement. En cas d’alopécie androgénétique avancée avec des follicules déjà perdus, le finastéride peut stabiliser le capital existant, mais ne fait pas repousser les zones dégarnies. Pour ces zones, la greffe de cheveux (extraction FUE et implantation DHI) est l’option établie et durable, car elle transplante des cheveux résistants à la DHT prélevés à l’arrière de la tête.
Médicament et greffe ne s’excluent d’ailleurs pas. Un traitement médicamenteux d’entretien en accompagnement est une pratique courante, afin de protéger les cheveux naturels non transplantés, qui restent sensibles à la DHT, tandis que les cheveux greffés perdurent. L’analyse capillaire gratuite d’Elithair est une analyse visuelle du motif et aide à distinguer le type génétique du type diffus. Elle ne remplace pas un test sanguin médical, que vous devriez toujours faire réaliser en cas de suspicion de carence.
Mise en perspective, issue de la pratique d’Elithair
Le finastéride peut freiner la chute de cheveux héréditaire, mais ne remplace pas un diagnostic. Lors de la consultation, nous déterminons d’abord quel type de chute de cheveux est en cause et si le motif correspond même à une alopécie androgénétique. Ce n’est qu’ensuite qu’une discussion sur les principes actifs, leur profil bénéfice-risque ou une greffe a du sens. Cet ordre protège des fausses attentes.
Conclusion : le finastéride en un coup d’œil (2026)
Le finastéride est le traitement oral standard le plus efficace contre la chute de cheveux héréditaire chez l’homme et a stabilisé, dans les études d’homologation, environ 90 % des utilisateurs sur cinq ans. C’est un traitement au long cours, qui n’agit que sur le motif androgénétique et surtout au sommet du crâne, et dont l’effet cesse à l’arrêt.
En même temps, c’est un médicament dont les effets indésirables sont réels, des troubles sexuels jusqu’aux mises en garde sur l’humeur et les idées suicidaires confirmées dans la lettre aux professionnels de santé de 2025. Le bénéfice et le risque ne peuvent s’évaluer qu’au cas par cas et avec un médecin, en particulier en cas de désir d’enfant, d’antécédents psychiques ou de problèmes de tolérance. La première étape reste toujours un diagnostic rigoureux.
Questions fréquentes sur le finastéride
En combien de temps le finastéride agit-il ?
Selon le RCP, les premiers signes d’une stabilisation de la chute de cheveux ne sont en général à attendre qu’après 3 à 6 mois de prise continue. L’effet le plus important sur le nombre de cheveux était atteint dans les études après environ 2 ans. De la patience est nécessaire, car le cycle pilaire est lent.
Quels sont les effets secondaires du finastéride ?
Les plus fréquents sont des effets indésirables sexuels comme une baisse de la libido et des troubles de l’érection, la première année chez 3,8 % contre 2,1 % sous placebo, le plus souvent réversibles. Sont également listées la dépression ainsi que, sous forme de notifications spontanées, l’anxiété et les idées suicidaires (lettre aux professionnels de santé 2025). Faire examiner par un médecin toute modification du sein.
Que se passe-t-il à l’arrêt du finastéride ?
Après l’arrêt, la DHT remonte. L’effet régresse selon le RCP en l’espace de 6 mois, et après 9 à 12 mois l’état de départ non traité est atteint. Le capital conservé grâce au traitement se perd alors, car le finastéride est un traitement au long cours.
Finastéride 1 mg ou 5 mg ?
Contre la chute de cheveux, 1 mg par jour est la dose homologuée. Le comprimé de 5 mg est destiné à l’hypertrophie bénigne de la prostate. Une dose plus élevée n’est pas plus efficace pour les cheveux, car la baisse de la DHT est déjà presque maximale à 1 mg. Ne pas modifier la dose de sa propre initiative.
Les femmes peuvent-elles prendre du finastéride ?
Chez la femme en âge de procréer, le finastéride est contre-indiqué, car il peut provoquer des malformations chez le fœtus masculin. Chez les femmes ménopausées, l’étude d’homologation n’a pu démontrer aucune efficacité. La chute de cheveux diffuse chez la femme a souvent d’autres causes, comme une carence en fer ou la thyroïde, et devrait d’abord être clarifiée.
Finastéride ou minoxidil ?
Les deux ont des principes d’action différents : le finastéride abaisse la DHT par voie orale, le minoxidil prolonge localement la phase de croissance sans intervention hormonale. Une méta-analyse de 7 études a trouvé l’association plus efficace que chaque monothérapie. La recommandation européenne S3 de 2018 cite les deux comme traitements de haut niveau de preuve.
Le finastéride est-il soumis à prescription et remboursé ?
Le finastéride est soumis à prescription. En tant que médicament de confort, il n’est en règle générale pas remboursé par l’assurance maladie, même avec une ordonnance. Le coût mensuel des génériques à 1 mg se situe, en 2026, entre 15 et 30 euros environ.
Le finastéride rend-il définitivement impuissant ?
Non, cette affirmation générale n’est pas tenable. Selon le RCP, les troubles de l’érection sont peu fréquents et le plus souvent réversibles après l’arrêt. De rares signalements après la mise sur le marché ont décrit une persistance, mais un lien causal n’est pas définitivement établi. Toujours discuter des troubles avec un médecin.
Le finastéride influence-t-il la testostérone et la prise de muscle ?
Le finastéride ne bloque que la conversion de la testostérone en DHT, pas la production de testostérone elle-même. Le taux de testostérone sérique reste en règle générale stable, voire augmente légèrement, le plus souvent dans les limites de la normale. Le finastéride n’a pas d’effet stimulant sur la prise de muscle, et aucun effet négatif avéré sur la musculature n’est connu non plus.
Puis-je boire de l’alcool sous finastéride ?
Le RCP du finastéride ne liste aucune interaction directe avec l’alcool, et le finastéride ne sollicite pas particulièrement le foie selon le RCP. Une consommation modérée d’alcool ne s’oppose donc pas par principe à la prise. En cas de maladie hépatique existante, l’effet sur le métabolisme n’a toutefois pas été étudié, un avis médical est ici judicieux.
Dois-je arrêter le finastéride avant ou après une greffe de cheveux ?
En règle générale non. Le finastéride est habituellement poursuivi avant et après une greffe de cheveux, car il protège les cheveux naturels non transplantés, qui restent sensibles à la DHT. Ce traitement médicamenteux d’entretien en accompagnement est une pratique courante. La décision d’une éventuelle pause au cas par cas revient toujours au médecin traitant.
Sources scientifiques
- RCP de Propecia 1 mg comprimés pelliculés, Organon Healthcare GmbH, version d’août 2024. Organon (PDF)
- Roberts JL et al. (1999): Effects of finasteride on scalp skin and serum androgen levels in men with androgenetic alopecia. J Am Acad Dermatol. PubMed
- Kaufman KD et al. (2008): Long-term treatment with finasteride 1 mg decreases the likelihood of developing further visible hair loss. Eur J Dermatol. PubMed
- Kanti V, Messenger A, Dobos G et al. (2018): Evidence-based (S3) guideline for the treatment of androgenetic alopecia in women and in men. JEADV. PubMed
- Examen de sécurité à l’échelle de l’UE (2025) : mise en garde sur le finastéride et le dutastéride, risque d’idées suicidaires. EMA
- EMA: Finasteride/dutasteride Article-31 referral, PRAC assessment report. EMA (PDF)
- Cochrane: Treatments for female pattern hair loss (CD007628). Cochrane
- Minoxidil et finastéride en association vs. monothérapie, revue systématique et méta-analyse. PMC
Cet article a une visée d’information générale et ne remplace pas un avis médical, un diagnostic ou une prescription. Le finastéride est soumis à prescription.

Dr. Imad Moustafa
Médecin en greffe capillaire