En bref : les glucocorticoïdes contre la chute de cheveux
Les glucocorticoïdes (couramment appelés cortisone, terme médical : corticostéroïdes) sont des hormones stéroïdes anti-inflammatoires produites par le cortex surrénal. Contre la chute de cheveux, ils n’agissent que là où une inflammation ou une réaction immunitaire déréglée attaque le follicule pileux. La cortisone n’est pas un stimulateur général de la pousse, et à une concentration efficace elle est soumise à prescription.
- Là où la cortisone aide : pelade (alopecia areata, chute de cheveux par plaques), alopécies cicatricielles (lichen plan pilaire, alopécie frontale fibrosante), cuir chevelu enflammé (psoriasis du cuir chevelu, eczéma séborrhéique).
- Là où la cortisone n’aide pas : alopécie androgénétique héréditaire ainsi que chute de cheveux diffuse liée à une carence en fer, à la thyroïde ou au stress.
- Formes : topique (pommade, lotion, mousse), injection intralésionnelle (triamcinolone dans la zone dégarnie), systémique (comprimés). Le choix dépend du diagnostic et de la sévérité.
- Important : soumis à prescription, uniquement sous contrôle dermatologique. C’est le type de chute de cheveux qui détermine l’efficacité.
Beaucoup de personnes recherchent « cortisone contre la chute de cheveux » en espérant un remède qui freinerait toute perte de cheveux. Cette attente est souvent trompeuse. Les glucocorticoïdes traitent une inflammation au niveau du follicule pileux, et non « la chute de cheveux en elle-même ». Cet article explique pour quelles causes la cortisone agit réellement, sous quelles formes elle est utilisée, quels sont ses effets indésirables et pourquoi le diagnostic doit toujours relever du dermatologue. Informations à jour : juin 2026, en référence à la recommandation S3 actuelle sur la pelade (AWMF 013-104, publiée le 23.02.2026).

Sommaire
- Que sont les glucocorticoïdes (cortisone, corticostéroïdes) ?
- Cortisone contre la chute de cheveux : quand elle aide vraiment (et quand non)
- La pelade : la principale raison pour laquelle la cortisone est prescrite
- Pommade, lotion et mousse à la cortisone (glucocorticoïdes topiques)
- Injection de cortisone (injection intralésionnelle)
- Comprimés de cortisone (glucocorticoïdes systémiques)
- Utilisation dans l’alopécie cicatricielle et les inflammations du cuir chevelu
- Prescription obligatoire, automédication et « cortisone sans ordonnance »
- Cortisone contre la chute de cheveux : en combien de temps agit-elle ? (calendrier de repousse)
- La cortisone peut-elle elle-même provoquer une chute de cheveux ?
- Quand la chute de cheveux est stable : une greffe de cheveux est-elle envisageable ?
- Quand consulter un dermatologue en cas de chute de cheveux
- Questions fréquentes sur les glucocorticoïdes (cortisone) dans la chute de cheveux
- Sources
Que sont les glucocorticoïdes (cortisone, corticostéroïdes) ?
Les glucocorticoïdes (couramment appelés cortisone) sont des hormones stéroïdes du cortex surrénal, produites naturellement par l’organisme ou reproduites de façon synthétique. En cas de chute de cheveux, ils atténuent les réactions immunitaires déréglées et les inflammations directement au niveau du follicule pileux. Selon la Gelbe Liste, ils ont une « action anti-inflammatoire et immunosuppressive marquée ». Ils constituent le sous-groupe anti-inflammatoire des corticostéroïdes ; « cortisone » est le terme courant qui désigne cette classe de substances.
Pour bien situer les termes : les corticostéroïdes sont le terme générique pour les hormones stéroïdes du cortex surrénal, les glucocorticoïdes en sont le sous-groupe anti-inflammatoire. Parmi les représentants synthétiques figurent par exemple la prednisolone, la dexaméthasone, la bétaméthasone, la triamcinolone et le clobétasol. Dans le langage courant, « cortisone », « corticostéroïdes » et « glucocorticoïdes » sont employés de façon largement équivalente, raison pour laquelle ce texte les traite comme des synonymes.
Comment les glucocorticoïdes agissent sur le follicule pileux
Les glucocorticoïdes agissent sur le follicule pileux en freinant l’attaque inflammatoire des cellules immunitaires. Ils se lient à l’intérieur des cellules aux récepteurs des glucocorticoïdes, inhibent les médiateurs pro-inflammatoires et réduisent ainsi la réaction dirigée contre le follicule. Selon une synthèse parue dans PMC (PMC5939003), le mécanisme des corticostéroïdes topiques consiste à « contenir l’inflammation et à accélérer la récupération des follicules pileux endommagés ».
Point décisif pour les attentes : lorsque l’attaque immunitaire est atténuée, le follicule peut sortir de sa phase de repos pour entrer à nouveau dans la phase de croissance (anagène). Nous expliquons en détail la logique des phases de repos et de croissance dans l’article sur le cycle pilaire. La cortisone traite donc l’inflammation, et non une cause génétique ou nutritionnelle.
Cortisone contre la chute de cheveux : quand elle aide vraiment (et quand non)
La cortisone contre la chute de cheveux n’aide que lorsque la chute est d’origine inflammatoire ou auto-immune. Pour le type le plus fréquent, l’alopécie androgénétique héréditaire, elle est inefficace car il n’y a là aucun processus inflammatoire, mais une sensibilité des follicules, génétiquement déterminée, à l’hormone DHT. La chute de cheveux diffuse liée à une carence en fer, à la thyroïde ou au stress ne répond pas non plus aux corticostéroïdes.
Si vous présentez une chute de cheveux héréditaire (androgénétique), ce ne sont pas les corticostéroïdes, mais le minoxidil, le finastéride ou, en cas de diagnostic adapté, une greffe de cheveux qui constituent les voies fondées sur les preuves. La cortisone n’y trouverait aucun mécanisme d’action. C’est le diagnostic dermatologique qui détermine le type en cause.
L’indication inflammatoire la plus importante est la pelade (alopecia areata, chute de cheveux par plaques). Sa prévalence au cours de la vie est, selon le Rochester Epidemiology Project, d’environ 2,1 pour cent, soit environ deux personnes sur cent au cours de leur vie. En Allemagne, selon la recommandation S3 (Charité, 2026), environ 170 000 personnes sont concernées. Le tableau suivant situe les types de chute de cheveux les plus fréquents.
| Type de chute de cheveux | Reconnaître les symptômes typiques | Cause | Inflammatoire/auto-immune ? | Cortisone pertinente ? | Traitement typique |
|---|---|---|---|---|---|
| Pelade (alopecia areata, par plaques) | Plaques rondes, soudaines et nettement délimitées, cuir chevelu par ailleurs normal | Auto-immune, le système immunitaire attaque le follicule | Oui | Oui, en première intention selon l’étendue | Topique, injection intralésionnelle, le cas échéant systémique, inhibiteurs JAK |
| Alopécie cicatricielle (lichen plan pilaire, AFF) | Zones dégarnies brillantes, d’aspect cicatriciel, sans orifices folliculaires visibles, souvent rougeur/démangeaison sur les bords | Inflammatoire-cicatricielle | Oui | Oui, pour freiner la progression | Topiques très puissants, intralésionnel, systémique, suivi dermatologique |
| Psoriasis du cuir chevelu | Squames épaisses, blanc argenté, sur un cuir chevelu rougi, avec chute de cheveux associée | Inflammatoire | Oui | Oui, traite la maladie sous-jacente | Corticostéroïde topique de classe III/IV, souvent avec un analogue de la vitamine D |
| Eczéma séborrhéique du cuir chevelu | Squames grasses, jaunâtres, cuir chevelu rougi et qui démange | Inflammatoire | En partie | Oui, en appoint | Corticostéroïdes doux plus antifongiques en traitement principal |
| Alopécie androgénétique (héréditaire) | Golfes temporaux qui se creusent lentement, sommet/raie qui se dégarnit, sans inflammation | Génétique, sensibilité à la DHT | Non | Non, inefficace | Minoxidil, finastéride, le cas échéant greffe de cheveux |
| Chute diffuse/télogène (fer, thyroïde, stress) | Éclaircissement uniforme sur tout le crâne, chute accrue au lavage/coiffage | Carence nutritionnelle/hormonale | Non | Non, corriger la cause | Supplémentation, patience, récupération avec correction de la cause |
Cette distinction est essentielle : les corticostéroïdes contre la chute de cheveux sont très efficaces sur la bonne cause et inefficaces sur la mauvaise. En présence d’une chute diffuse due à une carence en fer ou à la thyroïde, c’est la cause qu’il faut traiter, et non le follicule qu’il faut atténuer avec de la cortisone.
La pelade : la principale raison pour laquelle la cortisone est prescrite
La pelade (alopecia areata, chute de cheveux par plaques) est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire attaque les follicules pileux. Les glucocorticoïdes y sont l’un des traitements de première intention établis. Les plaques rondes, nettement délimitées, en sont typiques. Important : les follicules restent préservés, c’est pourquoi la perte de cheveux est en principe réversible, contrairement aux alopécies cicatricielles.

La cortisone atténue l’attaque immunitaire localement ou de façon systémique, de sorte que le follicule peut récupérer. La recommandation S3 actuelle sur la pelade (registre AWMF 013-104, publiée le 23.02.2026, Charité Berlin) cite les corticostéroïdes topiques, l’injection intralésionnelle et le traitement systémique comme des stratégies thérapeutiques établies, avec une longue ancienneté des preuves. La recommandation comprend 79 recommandations fondées sur les preuves et le consensus.
Par souci d’honnêteté : dans les formes légères, les guérisons spontanées sont fréquentes. Selon une synthèse (PMC10072216), les patients dont moins de 25 pour cent du cuir chevelu est atteint présentent dans jusqu’à 68 pour cent des cas une régression spontanée ; au-delà de 50 pour cent d’atteinte, ce taux n’est plus que d’environ 8 pour cent. Des études plus récentes contrôlées contre placebo évaluent toutefois la rémission spontanée de façon plus prudente. L’évolution est très variable et doit être appréciée par un dermatologue.
Comme alternative plus récente dans la pelade sévère, des inhibiteurs JAK comme le baricitinib (autorisation UE 2022) et le ritlécitinib (autorisation EMA 2023) sont approuvés. Ils ne sont actuellement pas remboursés par l’assurance maladie obligatoire en Allemagne. C’est exclusivement le dermatologue traitant qui décide s’ils peuvent être envisagés.
Pommade, lotion et mousse à la cortisone (glucocorticoïdes topiques)
Les glucocorticoïdes topiques sont des pommades, lotions ou mousses contenant de la cortisone, appliquées directement sur le cuir chevelu. Ils constituent le plus souvent la première étape en cas de chute de cheveux inflammatoire localisée. Ils sont classés selon leur puissance en quatre classes (classification de Niedner, Allemagne), de la classe I (faible, par ex. hydrocortisone) à la classe IV (très forte, par ex. propionate de clobétasol).
Dans la pelade, on utilise le plus souvent des substances très puissantes, par exemple le propionate de clobétasol 0,05 pour cent (classe IV) ou le furoate de mométasone 0,1 pour cent (classe III). Dans une étude portant sur 34 patients sur 12 à 24 semaines, 89 pour cent ont répondu avec une repousse (mousse de clobétasol, haarerkrankungen.de). Une autre étude n’a montré, avec une pommade de clobétasol, une réponse satisfaisante que chez environ 18 pour cent. L’éventail dépend fortement de la sévérité.
À propos de la question fréquente « pommade ou lotion » : sur un cuir chevelu chevelu, on prescrit le plus souvent des lotions, des mousses ou des teintures plutôt que des pommades grasses. Elles s’appliquent mieux entre les cheveux et pénètrent mieux. Une pommade aux glucocorticoïdes au sens classique est plutôt peu pratique sur le cuir chevelu, mais le principe d’action reste le même.
Les effets indésirables locaux des corticostéroïdes topiques sont rares en cas d’utilisation correcte et limitée dans le temps. En cas d’usage trop prolongé ou trop puissant, on risque une atrophie cutanée (amincissement de la peau), des télangiectasies (vaisseaux fins dilatés), une acné cortisonique ou des troubles de la pigmentation (PharmaWiki). Le cuir chevelu est toutefois considéré comme une zone relativement résistante, avec un risque d’atrophie plus faible que d’autres parties du corps.
Remarque importante sur l’automédication : les crèmes d’hydrocortisone faibles, en vente libre (classe I), de l’armoire à pharmacie ne sont pas destinées au traitement de la chute de cheveux et sont inefficaces dans cette indication. Qui les utilise sans diagnostic risque surtout de retarder la prise en charge de la cause réelle. Une pommade ou une lotion de glucocorticoïdes réellement efficace relève d’une prescription médicale.

Injection de cortisone (injection intralésionnelle)
Une injection de cortisone pour les cheveux est une injection intralésionnelle, le plus souvent d’acétonide de triamcinolone, directement dans la zone dégarnie du cuir chevelu. Elle est considérée comme le traitement standard de la pelade localisée chez l’adulte. On utilise habituellement une concentration d’environ 5 mg/ml sur le cuir chevelu, avec une valeur de référence d’environ 20 mg au maximum par séance (springermedizin.at).
Déroulement : le dermatologue réalise plusieurs petites injections par zone dégarnie à l’aide d’une fine aiguille. Les séances sont généralement répétées toutes les 4 à 6 semaines (PMC3002419), souvent en une série de trois à cinq rendez-vous. La piqûre est en général bien tolérée et seulement légèrement piquante. Cette méthode ne peut pas être pratiquée soi-même.
À propos de l’effet : une première réponse apparaît dans les études généralement après 4 à 8 semaines (PMC3002419). Les taux de réponse varient selon la concentration. Dans les études cliniques, la pousse des cheveux à environ 5 mg/ml était d’environ 80 pour cent, et inférieure à des concentrations plus faibles. Des concentrations plus élevées n’apportaient pas d’avantage, mais davantage d’effets indésirables. Si après environ 6 mois aucune amélioration n’apparaît, le traitement est reconsidéré.
Les effets indésirables locaux de l’injection de cortisone sont des dépressions transitoires (atrophie cutanée au point d’injection), une hypopigmentation (éclaircissement) et des télangiectasies. Selon la littérature (PMC3002419), ils régressent le plus souvent d’eux-mêmes. C’est précisément cette puissance d’action locale et ciblée qui constitue l’avantage de l’injection par rapport au seul traitement par pommade.
Comprimés de cortisone (glucocorticoïdes systémiques)
Les glucocorticoïdes systémiques (comprimés ou perfusions de cortisone) ne sont utilisés que dans les formes sévères, à progression rapide ou étendues, car ils agissent sur tout l’organisme. Les situations typiques sont une pelade rapidement progressive ou étendue, jusqu’à l’alopecia totalis ou universalis. On administre le plus souvent une cure limitée dans le temps (traitement par bolus), et non un traitement de fond.
L’effet survient rapidement, mais le risque de récidive après l’arrêt est élevé. Dans les études, le taux de réponse pour la pelade multifocale était d’environ 50 pour cent à 6 mois, nettement inférieur en cas d’alopecia totalis ou universalis (Karger). C’est précisément pour cela que les médecins pèsent soigneusement le bénéfice par rapport aux effets indésirables.
Les effets indésirables systémiques sont à prendre au sérieux : prise de poids et redistribution des graisses (tableau de type Cushing), pression artérielle élevée, glycémie élevée (selon medicoconsult.de, risque de diabète multiplié par quatre), modifications psychiques, plus grande sensibilité aux infections ainsi que troubles gastriques. En cas d’utilisation prolongée s’ajoutent l’ostéoporose et une suppression de la fonction surrénalienne propre à l’organisme.
Contre-indications : quand la cortisone n’est pas utilisée ou seulement avec restriction
La question de savoir si la cortisone peut être utilisée contre la chute de cheveux est examinée au cas par cas par le médecin, car il existe des situations où une prudence particulière, voire un renoncement, s’impose. Comme tous les corticostéroïdes efficaces sont soumis à prescription, cette évaluation est toujours médicale. Des antécédents pertinents comme un diabète mal équilibré, une hypertension, une ostéoporose, des ulcères gastro-intestinaux ou des infections actives peuvent s’opposer à un traitement systémique.
Pendant la grossesse et l’allaitement, une évaluation bénéfice-risque particulièrement stricte s’applique. Le traitement d’une chute de cheveux, de toute façon motivé par l’esthétique, passe alors le plus souvent au second plan, et c’est le médecin qui décide si, sous quelle forme et à quelle dose un traitement est envisagé. Une automédication par cortisone n’est pas indiquée durant cette période. Le traitement envisageable devrait être déterminé exclusivement avec la ou le médecin traitant.
Ne jamais arrêter de sa propre initiative : les glucocorticoïdes systémiques suppriment la fonction surrénalienne propre à l’organisme (axe HPA), qui peut déjà être perturbée après environ deux semaines de dosage élevé. Un arrêt brutal pourrait déclencher une insuffisance surrénalienne. C’est pourquoi la dose est réduite exclusivement par le médecin et de façon progressive. En cas de traitement systémique prolongé, le médecin peut en outre envisager un traitement d’accompagnement protégeant les os (par ex. calcium et vitamine D).
Utilisation dans l’alopécie cicatricielle et les inflammations du cuir chevelu
Dans les alopécies cicatricielles comme le lichen plan pilaire ou l’alopécie frontale fibrosante, la cortisone vise à stopper l’inflammation avant que les follicules ne soient détruits de façon définitive. Il y a là une différence importante avec la pelade : les follicules déjà cicatrisés ne repoussent plus (universimed.ch). L’objectif est donc l’arrêt de la progression, et non la régénération des cheveux.
On utilise des corticostéroïdes topiques très puissants et des injections intralésionnelles de triamcinolone, et en cas de progression active aussi un traitement systémique. Comme chaque nouvelle poussée inflammatoire peut détruire des follicules de façon irréversible, un début de traitement précoce est déterminant. Qui remarque des zones dégarnies brillantes, d’aspect cicatriciel, sans orifices folliculaires visibles, devrait consulter rapidement un dermatologue.
Les maladies inflammatoires du cuir chevelu qui favorisent secondairement la chute de cheveux sont elles aussi traitées par la cortisone. Dans le psoriasis du cuir chevelu, les corticostéroïdes topiques de classe III/IV sont le traitement de première intention, souvent associés à un analogue de la vitamine D. Dans l’eczéma séborrhéique, on utilise des corticostéroïdes doux associés à des antifongiques en traitement principal. Lorsque la maladie sous-jacente guérit, la chute de cheveux qui l’accompagne régresse le plus souvent.
Prescription obligatoire, automédication et « cortisone sans ordonnance »
À une concentration efficace, les glucocorticoïdes contre la chute de cheveux sont soumis à prescription. Cela vaut pour les corticostéroïdes topiques des classes II à IV, tout comme pour toutes les injections intralésionnelles et les comprimés systémiques. Seules sont en vente libre des préparations d’hydrocortisone faibles (jusqu’à environ 0,5 pour cent) pour les eczémas légers et les démangeaisons, et celles-ci ne sont pas destinées à la chute de cheveux.
« La cortisone contre la chute de cheveux sans ordonnance » n’est donc pas une option pertinente. Sans diagnostic, on s’expose au risque d’un traitement erroné, d’un masquage du tableau clinique et d’effets indésirables inutiles. La recommandation la plus importante, selon la Pharmazeutische Zeitung, est donc la suivante : d’abord clarifier la cause par un dermatologue, puis traiter de manière ciblée. Un diagnostic solide commence souvent par l’anamnèse et, le cas échéant, par une analyse de sang en cas de chute de cheveux.
À propos du coût : en cas d’indication médicale avérée, par exemple une pelade diagnostiquée, les corticostéroïdes topiques et les injections intralésionnelles sont en règle générale pris en charge par l’assurance maladie obligatoire. Les inhibiteurs JAK, en revanche, ne sont actuellement pas remboursés. Le cabinet traitant en précise les détails.
| Forme | Mode d’application | Utilisation typique | Avantages | Effets indésirables/remarques |
|---|---|---|---|---|
| Topique (lotion, mousse, teinture) | Appliquée sur le cuir chevelu, 1 à 2 fois par jour | Chute de cheveux inflammatoire localisée, première étape | Moins d’effets indésirables, utilisable à domicile | En cas de surdosage, atrophie cutanée ; soumise à prescription à concentration efficace |
| Injection intralésionnelle (triamcinolone) | Injection dans la zone dégarnie, toutes les 4 à 6 semaines | Pelade localisée chez l’adulte | Forte puissance d’action locale, ciblée | Dépressions/éclaircissement transitoires (le plus souvent réversibles) ; uniquement chez le médecin |
| Systémique (comprimés/perfusion) | Par voie orale (prednisolone) ou intraveineuse | Formes sévères, rapides ou étendues | Agit sur tout l’organisme, rapidement | Poids, pression artérielle/glycémie, ostéoporose, suppression surrénalienne ; récidive fréquente après l’arrêt |
Cortisone contre la chute de cheveux : en combien de temps agit-elle ? (calendrier de repousse)
Lorsque la cause inflammatoire répond au traitement, la cortisone contre la chute de cheveux montre ses premiers effets après quelques semaines ; la repousse visible suit ensuite, sur plusieurs mois, le cycle naturel du cheveu. Une première réponse à l’injection intralésionnelle est, selon PMC3002419, attendue après 4 à 8 semaines, et après environ 6 à 14 semaines pour l’application topique. Le calendrier suivant montre l’évolution réaliste.

| Moment | Ce qui se passe dans le follicule | Ce que vous remarquez |
|---|---|---|
| Mois 1 à 2 | L’inflammation et l’attaque immunitaire s’atténuent | La chute de cheveux ralentit, s’arrête ; le cuir chevelu se calme |
| Mois 3 à 4 | Les follicules entrent à nouveau dans la phase de croissance (anagène) | Encore peu visible, premiers cheveux fins perceptibles au toucher |
| Mois 5 à 6 | De nouveaux cheveux repoussent, souvent d’abord fins et plus clairs | Premiers nouveaux cheveux visibles, en partie dépigmentés |
| À partir des mois 6 à 12 | Le cheveu se normalise en épaisseur et en pigmentation | Densité croissante, la couleur revient souvent |
Une mise en perspective honnête s’impose : une récidive après l’arrêt est fréquente. Après un traitement systémique par cortisone, la pelade rechute dans environ 60 pour cent des cas (haarerkrankungen.de, springermedizin.at). Cela reflète l’évolution chronique et récidivante de la maladie, et non un échec du traitement. La cortisone supprime l’attaque immunitaire tant qu’elle agit, mais n’élimine pas la prédisposition auto-immune.
La cortisone peut-elle elle-même provoquer une chute de cheveux ?
La cortisone est utilisée contre la chute de cheveux, mais elle peut, dans de rares cas, surtout en cas de prise prolongée à forte dose, contribuer elle-même à une chute de cheveux diffuse. En cas de traitement systémique de fond, des effets métaboliques et hormonaux peuvent provoquer un passage prématuré des follicules en phase de repos, c’est-à-dire un effluvium télogène (blog.hairsystems-heydecke.de). Cette chute est le plus souvent réversible.
Ce n’est pas une contradiction, mais une distinction : le traitement ciblé d’une cause inflammatoire est différent de l’effet indésirable d’un traitement systémique long et à forte dose. En cas d’application de courte durée ou topique, avec une indication correcte, cet effet n’est pas un problème pertinent. Si une nouvelle chute de cheveux survient pendant un traitement par cortisone en cours, la règle est la suivante : en parler avec le médecin traitant, et ne pas arrêter de sa propre initiative.
Quand la chute de cheveux est stable : une greffe de cheveux est-elle envisageable ?
Une greffe de cheveux n’est expressément pas indiquée en cas de chute de cheveux inflammatoire ou auto-immune active. En cas de pelade active, elle est contre-indiquée, car le système immunitaire attaquerait aussi les follicules greffés. Il en va de même pour les alopécies cicatricielles actives, tant que l’inflammation progresse. Ici, c’est d’abord le traitement dermatologique qui est requis, et non une intervention.
Ce n’est qu’en présence d’un tableau démontré comme stable et « éteint », par exemple une alopécie cicatricielle au repos depuis longtemps après confirmation dermatologique de l’arrêt (souvent après au moins un an d’inactivité), qu’une greffe de cheveux peut être envisagée. Le cas classique de greffe est en revanche l’alopécie androgénétique héréditaire, une cause tout autre, non inflammatoire. Souvent, plus d’un type est même présent en même temps.
C’est d’abord le diagnostic dermatologique qui détermine le type de chute de cheveux en cause et si une intervention est même pertinente. Une analyse capillaire sans engagement chez Elithair examine le schéma de répartition visible et peut aider à différencier le type de cheveux. Elle ne remplace ni une analyse de sang médicale ni un diagnostic dermatologique de la maladie sous-jacente, mais constitue un premier filtre, à visée de conseil.
Le point de vue du conseil Elithair
« Lors du conseil, nous rencontrons régulièrement des personnes atteintes de pelade qui demandent si une greffe de cheveux serait la solution la plus rapide. Tant que l’inflammation est active, ce serait une erreur, car le système immunitaire attaquerait tout autant les follicules greffés. Notre rôle commence par une distinction soigneuse : s’agit-il d’une chute de cheveux inflammatoire qui doit être traitée par un dermatologue ? Ou y a-t-il en plus une chute de cheveux génétique qui, indépendamment, répond à une greffe ? Cette distinction protège les personnes concernées et crée une véritable confiance. »
Comité médical Elithair
Quand consulter un dermatologue en cas de chute de cheveux
La possibilité de recourir à la cortisone contre la chute de cheveux dépend uniquement du diagnostic. Les signes d’alerte suivants évoquent une cause inflammatoire ou auto-immune et doivent être clarifiés rapidement par un dermatologue. Dans les formes cicatricielles, chaque semaine compte, car les follicules détruits ne reviennent pas.
Des plaques rondes, soudaines et nettement délimitées évoquent une pelade.
Un cuir chevelu qui démange, rougi, squameux ou douloureux avec chute de cheveux évoque une cause inflammatoire.
Des zones dégarnies d’aspect cicatriciel ou brillant sans orifices folliculaires visibles doivent être clarifiées de toute urgence (suspicion d’alopécie cicatricielle).
Une chute de cheveux rapide et étendue en quelques semaines devrait faire l’objet d’un examen médical.
Toujours discuter avec le médecin d’une chute de cheveux survenant pendant un traitement par cortisone en cours, ne pas arrêter de sa propre initiative.
Pour le contexte sur les différents déclencheurs, il vaut la peine de consulter les causes de la chute de cheveux. Les femmes présentant un éclaircissement diffus trouveront d’autres repères dans l’article chute de cheveux chez la femme.
Questions fréquentes sur les glucocorticoïdes (cortisone) dans la chute de cheveux
La cortisone aide-t-elle contre la chute de cheveux ?
Oui, mais exclusivement en cas de chute de cheveux d’origine inflammatoire ou auto-immune, avant tout la pelade. En cas de chute de cheveux androgénétique génétique ou de chute diffuse d’origine nutritionnelle, la cortisone est inefficace.
Pour quel type de chute de cheveux la cortisone agit-elle ?
Pour la pelade (alopecia areata, chute par plaques), les alopécies cicatricielles (lichen plan pilaire, AFF) et les maladies inflammatoires du cuir chevelu comme le psoriasis du cuir chevelu ou l’eczéma séborrhéique. Pas pour la chute de cheveux androgénétique ni pour la chute diffuse par carence.
Quelle est la différence entre pommade, injection et comprimés de cortisone ?
La pommade ou la lotion (topique) s’applique sur le cuir chevelu et constitue la première étape en cas de chute localisée. L’injection (intralésionnelle) agit de façon directe et puissante dans la zone dégarnie. Les comprimés (systémiques) sont utilisés dans les formes sévères, agissent sur tout l’organisme et ont davantage d’effets indésirables.
En combien de temps la cortisone agit-elle contre la chute de cheveux ?
Les premiers signes de réponse apparaissent le plus souvent après 4 à 14 semaines. La repousse visible suit généralement à partir des mois 3 à 6, car le cycle du cheveu suit ce rythme.
Les cheveux repoussent-ils après la cortisone ?
En cas de pelade, oui, car les follicules restent intacts et, en cas de réponse, entrent à nouveau dans la phase de croissance. En cas d’alopécies cicatricielles, les follicules déjà détruits ne repoussent pas ; il s’agit ici de l’arrêt de la progression.
Les cheveux retombent-ils après l’arrêt de la cortisone ?
En cas de pelade, c’est fréquent. Dans les études, environ 60 pour cent des patients ont connu une récidive après l’arrêt. Cela tient à l’évolution chronique et récidivante de la maladie, et non à un échec du traitement.
Quels sont les effets indésirables de la cortisone dans la chute de cheveux ?
Localement (topique ou injection) : atrophie cutanée, télangiectasies et dépressions transitoires, le plus souvent réversibles. Par voie systémique (comprimés) : prise de poids, pression artérielle et glycémie élevées, ostéoporose, suppression surrénalienne et plus grande sensibilité aux infections.
La cortisone contre la chute de cheveux est-elle soumise à prescription ?
Oui. Tous les corticostéroïdes thérapeutiquement efficaces (classes II à IV en topique ainsi que toutes les formes intralésionnelles et systémiques) sont soumis à prescription. Les crèmes d’hydrocortisone faibles, en vente libre, ne sont pas un traitement contre la chute de cheveux.
La cortisone aide-t-elle en cas de chute de cheveux héréditaire (androgénétique) ?
Non. La chute de cheveux androgénétique n’est pas un processus inflammatoire, c’est pourquoi la cortisone n’y a aucun mécanisme d’action. Les options efficaces sont le minoxidil, le finastéride ou, en cas de diagnostic adapté, une greffe de cheveux.
La cortisone peut-elle elle-même provoquer une chute de cheveux ?
Dans de rares cas, une prise systémique prolongée à forte dose peut favoriser une chute de cheveux télogène diffuse. Celle-ci est le plus souvent réversible après réduction de la dose ou arrêt. En cas d’application de courte durée ou topique, ce n’est pas un problème pertinent.
Puis-je faire une greffe de cheveux après une chute de cheveux inflammatoire guérie ?
Uniquement après un tableau démontré comme stable et « éteint » et après confirmation dermatologique de l’arrêt. En cas de maladie active, une greffe de cheveux est contre-indiquée. Un diagnostic précis est toujours la première étape.
Sources
- AWMF, recommandation S3 « Diagnostik und Therapie der Alopecia areata », n° 013-104, publiée le 23.02.2026, Charité Berlin. register.awmf.org
- Fan, Dang, Srivastava : Intralesional Steroids for Alopecia Areata, 2010, PMC3002419. pmc.ncbi.nlm.nih.gov
- Pratt et al. : Alopecia Areata, Burden of Disease and Treatment, PMC10072216. pmc.ncbi.nlm.nih.gov
- Strazzulla et al. : Alopecia Areata, Review of Epidemiology and Treatment Options, PMC5939003. pmc.ncbi.nlm.nih.gov
- Corticosteroid-Pulstherapie bei Alopecia areata, résultats à 10 ans, Kompass Dermatologie (Karger). karger.com
- Gelbe Liste, classe de substances glucocorticoïdes. gelbe-liste.de
- PharmaWiki, glucocorticoïdes topiques (classes de puissance). pharmawiki.ch
- Springermedizin, nouvelles options thérapeutiques de la pelade. springermedizin.at
- Universimed, lichen plan pilaire et alopécie frontale fibrosante. universimed.com
- Pharmazeutische Zeitung, produits sans ordonnance contre la chute de cheveux. pharmazeutische-zeitung.de
Remarque : cet article sert d’information générale et ne remplace pas un conseil, un diagnostic ou un traitement médical. À une concentration efficace, les glucocorticoïdes sont soumis à prescription. Le diagnostic et le traitement d’une chute de cheveux inflammatoire relèvent du dermatologue. À jour : juin 2026.

Dr. Imad Moustafa
Médecin en greffe capillaire