Avant d’utiliser un dermaroller contre la chute de cheveux, trois réponses comptent avant tout : quelle longueur d’aiguille, à quelle fréquence, et ce qui peut être appliqué ensuite sur le cuir chevelu. La méthode derrière l’appareil porte le nom de microneedling, le dermaroller n’en est que l’un des instruments possibles. Utilisé seul, le microneedling repose sur des preuves faibles ; en association avec le minoxidil, les données suggèrent un bénéfice supplémentaire : dans une étude pilote randomisée menée auprès de 100 hommes, la densité capillaire a augmenté de 91,4 cheveux par cm² après 12 semaines, contre 22,2 sous minoxidil seul (Dhurat et al., Int J Trichology 2013). Vous lisez ici quelle longueur d’aiguille reste acceptable à domicile, comment se déroule une séance et dans quels cas il vaut mieux s’abstenir.
L’essentiel en bref
- ✓À domicile, 0,25 à 0,5 mm servent de repère, et la fréquence dépend de la longueur d’aiguille, car rougeur et léger gonflement durent 2 à 3 jours
- ✓Infection et cicatrices sont les deux risques sérieux, et ils découlent presque toujours d’erreurs évitables, comme un appareil non désinfecté ou des aiguilles trop longues
- ✓Le rouleau est l’appareil de la salle de bain : il pique de biais et de façon irrégulière, alors que le stylo et le microneedling en cabinet travaillent à la verticale, plus profondément et dans des conditions contrôlées
- ✓Sur des zones chauves et lisses, passer le rouleau n’apporte rien, car on ne peut stimuler qu’un follicule encore présent
Le sommaire vous indique où trouver quoi. Ensuite, nous entrons dans le détail, dans l’ordre : état des études, longueur d’aiguille, application et risques.
Sommaire
- Qu’est-ce que le microneedling pour les cheveux et qu’est-ce qu’un dermaroller ?
- Comment le microneedling agit-il sur le cuir chevelu ?
- Le microneedling agit-il vraiment contre la chute de cheveux ? L’état des études, sans embellir
- Associer microneedling et minoxidil : la question du bon moment
- Quelle longueur d’aiguille pour le cuir chevelu ? De 0,25 à 1,5 mm
- Utiliser correctement le dermaroller : étape par étape
- Risques et effets indésirables du microneedling sur le cuir chevelu
- Microneedling après une greffe de cheveux : uniquement avec l’accord du médecin
- Dermaroller, dermapen, microneedling en cabinet ou mésothérapie ?
- Dans quelle chute de cheveux le microneedling aide-t-il et quand est-il la mauvaise approche ?
- Conclusion : le microneedling pour les cheveux en résumé (mise à jour 2026)
- Questions fréquentes sur le microneedling et le dermaroller en cas de chute de cheveux
- Sources
Qu’est-ce que le microneedling pour les cheveux et qu’est-ce qu’un dermaroller ?
Le microneedling pour les cheveux est une méthode dans laquelle de fines aiguilles créent des micro-lésions contrôlées dans le cuir chevelu. Le dermaroller n’est pas une méthode à part, mais l’un des outils utilisés. Cette distinction compte, car sur Internet le nom de l’appareil et celui de la méthode sont sans cesse confondus.
Selon la synthèse StatPearls de la National Library of Medicine américaine, trois classes d’appareils relèvent du même principe : le rouleau à aiguilles (dermaroller), les appareils motorisés dont les aiguilles pénètrent à la verticale (dermapen) et les appareils de cabinet conçus pour des profondeurs plus importantes. Ils diffèrent par la précision et le traumatisme provoqué, pas par le principe d’action.
Un dermaroller classique porte 192 aiguilles réparties en 24 rangées de 8, et sur le marché les longueurs d’aiguille vont de 0,5 à 3 mm (commentaire d’experts de Jha & Vinay, JAAD 2019). Ces mêmes auteurs critiquent le fait que tout usage d’aiguilles soit vendu un peu vite comme du microneedling, alors que l’appareil, la profondeur et l’exécution changent beaucoup de choses.
La méthode vient à l’origine du traitement des cicatrices et du vieillissement cutané, avant d’être transposée au cuir chevelu. Elle se distingue fondamentalement d’un massage du crâne : là, il n’y a aucune stimulation par aiguille, donc aucune réaction de cicatrisation. L’importance du facteur temps apparaît clairement quand on regarde le cycle capillaire, avec ses phases de croissance et de repos.
Comment le microneedling agit-il sur le cuir chevelu ?
Sur le cuir chevelu, le microneedling agit par trois voies : la micro-lésion contrôlée suivie d’une cicatrisation, la libération de facteurs de croissance avec une meilleure circulation sanguine, et une meilleure absorption des substances appliquées. Ces trois voies ne sont pas documentées avec la même solidité, et cette différence détermine ce qu’il est réaliste d’attendre.
1. Micro-lésion et cicatrisation. Les aiguilles créent de fins canaux dans la peau. L’organisme les traite comme de petites plaies et lance sa réparation, en libérant ses propres médiateurs. La synthèse StatPearls décrit cette mécanique de base comme le véritable principe d’action, indépendamment du type d’appareil.
2. Facteurs de croissance et circulation sanguine. Il est ici surtout question de médiateurs qui stimulent la formation de nouveaux petits vaisseaux, comme le VEGF. Les données proviennent de l’expérimentation animale : chez la souris, des stimulations répétées par aiguilles ont augmenté l’activité de ces facteurs et favorisé la pousse des poils (Kim et al., Ann Dermatol 2016). Chez l’être humain, cette voie n’est pas démontrée.
Un point remarquable dans ce même travail : les longueurs testées étaient de 0,15 mm, 0,25 mm, 0,5 mm et 1 mm, et les meilleurs résultats ont été obtenus avec les aiguilles les plus courtes, autour de 0,25 à 0,5 mm, pas avec les plus longues. Dès le mécanisme d’action, rien ne soutient donc l’idée répandue selon laquelle plus profond serait automatiquement mieux.
3. Meilleure absorption des substances actives. Par les micro-canaux, un produit appliqué pénètre plus profondément qu’à travers une peau intacte. C’est l’effet le plus facile à comprendre et la raison pour laquelle presque toutes les études chez l’être humain ont testé le microneedling en association avec le minoxidil. Le document de consensus espagnol de l’AEDV (2023/2024) le classe lui aussi comme un amplificateur de pénétration, pas comme un traitement autonome.
Restons donc honnêtes : le mécanisme est plausible et en partie documenté, surtout pour la meilleure absorption. L’équation « plus de facteurs de croissance égale plus de cheveux » n’est pas démontrée chez l’être humain. En gardant cela en tête, on aborde l’application avec des attentes adaptées.

Le microneedling agit-il vraiment contre la chute de cheveux ? L’état des études, sans embellir
La question de savoir si le microneedling agit contre la chute de cheveux se résume ainsi, au vu des données actuelles : il existe des études positives, mais elles sont petites, méthodologiquement faibles pour la plupart et menées presque exclusivement en association avec le minoxidil. Aucune recommandation de bonne pratique ne l’appuie à lui seul.
L’étude la plus importante sur le microneedling en cas de chute de cheveux est une étude pilote randomisée portant sur 100 hommes atteints d’une alopécie androgénétique légère à modérée. Une moitié a utilisé le rouleau une fois par semaine et appliqué en plus du minoxidil à 5 % deux fois par jour, l’autre moitié n’a utilisé que du minoxidil. Après 12 semaines, le groupe microneedling comptait en moyenne 91,4 cheveux par cm² de plus, contre 22,2 dans le groupe minoxidil (Dhurat et al., Int J Trichology 2013).
Augmentation de la densité capillaire après 12 semaines (Dhurat et al. 2013, 50 hommes par groupe)
Microneedling + minoxidil à 5 %
+91,4 cheveux/cm²
Minoxidil à 5 % seul
+22,2 cheveux/cm²
Critère principal : densité capillaire, 12 semaines, p=0,039. Étude pilote avec 50 participants par groupe, dont 44 ont terminé dans le groupe minoxidil. Source : Dhurat et al., Int J Trichology 2013.
Le jugement des participants eux-mêmes a été encore plus marqué : 41 sur 50 dans le groupe microneedling ont constaté chez eux une amélioration de plus de 50 %, contre 2 sur 44 dans le groupe minoxidil. Aucun effet indésirable notable n’est apparu dans l’un ou l’autre groupe. Les auteurs citent eux-mêmes le faible effectif et le caractère pilote comme limites de leur travail.
Une méta-analyse offre une base plus large : elle regroupe 13 études randomisées totalisant 696 patients (Pei et al., J Cosmet Dermatol 2024). Le microneedling en association y a nettement amélioré la densité et le diamètre des cheveux par rapport à la monothérapie, avec une tolérance comparable. L’ensemble ne vaut toutefois pas mieux que les études qui le composent : petits effectifs, durées courtes, protocoles très hétérogènes.
Le point le plus important pour situer les choses : la recommandation européenne S3 de l’European Dermatology Forum cite précisément ces chiffres de Dhurat et précise que d’autres études sont nécessaires pour confirmer la supériorité de l’association minoxidil et microneedling. Aucune recommandation thérapeutique n’en découle. Le minoxidil, lui, est clairement recommandé dans ce même document.
Les informations destinées aux patients publiées par les autorités de santé ne mentionnent, pour la chute de cheveux héréditaire chez l’homme, que le minoxidil, le finastéride et la greffe de cheveux. Le microneedling n’y figure pas. Si vous cherchez une méthode ayant le statut de recommandation officielle, vous ne la trouverez pas ici, et c’est un constat solide, pas une opinion.
Utilisé seul, le microneedling repose sur des preuves faibles. Dans les travaux de référence, il a toujours été employé avec une substance appliquée localement. On décrit en plus une série de cas portant sur seulement quatre hommes, qui avaient utilisé sans succès finastéride et minoxidil pendant deux à cinq ans et ont montré une nouvelle pousse après l’ajout du microneedling (Dhurat et Mathapati 2015). Quatre cas sont un signal, pas une preuve.
Autre angle mort : les études disponibles ont été menées presque exclusivement chez des hommes. Pour les femmes touchées par une chute de cheveux héréditaire, les données sur le microneedling sont donc encore plus minces, même si le mécanisme est le même.
Quand peut-on s’attendre aux premiers résultats ?
Avec le microneedling, les premiers changements évaluables sont à attendre au plus tôt après plusieurs mois, parce que c’est le cycle capillaire qui dicte le rythme, pas le traitement. Un cheveu qui se trouve aujourd’hui en phase de repos a besoin de mois avant de repousser visiblement. Cette chronologie protège de la déception la plus fréquente : abandonner trop tôt ou s’enthousiasmer trop tôt.
| Période | Ce qui se passe réellement | Ce qui ne se passe pas encore |
|---|---|---|
| Semaines 1–4 | Le cuir chevelu réagit à la stimulation. Rougeur et léger œdème pendant 2 à 3 jours après chaque application sont, selon StatPearls, une réaction attendue. La routine se met en place. | Aucun changement visible sur les cheveux. Ce qui paraît plus dense maintenant relève du coiffage, pas de la pousse. |
| Mois 2–3 | Au plus tôt, les premiers cheveux fins et courts dans la zone traitée. La perte quotidienne peut se stabiliser. | Aucune augmentation évaluable de la densité. Une comparaison avant-après n’a pas encore de sens. |
| Mois 4–6 | Première période où un changement de densité peut être jugé sur photo. Dhurat et al. (2013) ont rapporté les premiers signes plus tôt dans le groupe combiné que sous minoxidil seul. | Aucun résultat final. Les zones chauves et brillantes ne changent pas. |
| Mois 6–12 | Moment du bilan honnête, idéalement avec des photos prises sous la même lumière, à la même distance et avec la même coiffure. | D’expérience, si rien n’a bougé à ce stade, prolonger apporte rarement quelque chose. |
| à partir du mois 12 | Si cela aide, le microneedling devient une mesure au long cours, parallèlement au traitement local. | Aucune cure terminée. Après l’arrêt, le bénéfice supplémentaire disparaît. |
Associer microneedling et minoxidil : la question du bon moment
L’association microneedling et minoxidil est le seul cas de figure bien étudié, et c’est précisément là que se niche le principal problème de sécurité. Le minoxidil ne doit pas être appliqué sur le cuir chevelu immédiatement après le passage du rouleau. La raison est l’effet même qui rend l’association intéressante : l’absorption fortement augmentée par les micro-canaux fraîchement ouverts.
Avertissement important : pas de minoxidil juste après le rouleau
Le minoxidil est un vasodilatateur, il élargit donc les vaisseaux. Par des micro-canaux ouverts, nettement plus de substance active peut passer dans la circulation qu’à travers une peau intacte. En cas d’absorption systémique excessive de minoxidil, StatPearls et un cas rapporté de surdosage décrivent une tachycardie, une baisse de la tension, des vertiges et des œdèmes.
En cas de tachycardie, de vertiges, d’essoufflement ou de jambes gonflées : arrêtez immédiatement l’application et faites-vous examiner par un médecin. N’attendez pas de voir si cela passe tout seul.
La durée d’attente n’est fixée par aucune étude. Un intervalle d’environ 24 heures est largement repris dans les retours d’utilisateurs et par les cliniques, c’est-à-dire le rouleau un jour, le minoxidil à partir du lendemain. C’est un consensus de pratique, pas une limite établie scientifiquement.
Si vous utilisez du minoxidil au quotidien, placez donc intelligemment le passage du rouleau dans votre routine, au lieu d’empiler les deux le même soir. Dosage, shedding et effets indésirables sont détaillés dans notre article consacré au minoxidil contre la chute de cheveux.
D’autres produits n’ont rien à faire sur des micro-canaux fraîchement ouverts. Pour les sérums à la vitamine C après microneedling, des réactions granulomateuses à corps étranger sont documentées, dont le cas d’une femme de 49 ans chez qui la réaction n’a débuté que deux semaines après le traitement (JAAD Case Reports 2023, SAGE Open Med Case Rep 2022). Rétinol, lotions alcoolisées, parfums et shampooing sec entrent dans la même catégorie.
L’huile de romarin est volontiers présentée sur les réseaux sociaux comme une alternative douce. Dans une étude comparative menée auprès de 100 participants, le nombre de cheveux a nettement augmenté sous huile de romarin après 3 et 6 mois, de façon comparable au minoxidil (Panahi et al., Skinmed 2015).
La comparaison n’a toutefois porté que sur la concentration plus faible de 2 %, alors que 5 % sont aujourd’hui le plus souvent recommandés. Une étude isolée ne fait pas de l’huile de romarin une alternative au minoxidil. Et de toute façon, les huiles essentielles n’ont pas leur place sur une peau fraîchement traitée aux aiguilles, en raison de leur potentiel irritant.
Les associations avec le finastéride ou un traitement PRP sont des décisions médicales. Elles sont envisageables sur le principe, mais elles supposent un médecin qui connaît le plan d’ensemble, pas un protocole bricolé à partir de vidéos.
| Quoi | À partir de quand après le rouleau | Pourquoi |
|---|---|---|
| Minoxidil et autres produits topiques | Pas immédiatement après. Le consensus de pratique le plus répandu est un intervalle d’environ 24 heures (aucun chiffre d’étude). | Par des micro-canaux fraîchement ouverts, nettement plus de substance active passe dans la circulation. Le minoxidil est un vasodilatateur (StatPearls). |
| Sérum à la caféine ou aux peptides | Pas immédiatement après, seulement une fois la rougeur estompée (recommandation de prudence). | Même problème de pénétration, et beaucoup de produits prêts à l’emploi contiennent de l’alcool et des parfums. |
| Huile de romarin et autres huiles essentielles | Pas immédiatement après (principe de prudence, aucune étude spécifique). | Les huiles essentielles ont un potentiel irritant et sensibilisant connu sur une peau irritée. |
| Sérum à la vitamine C, rétinol, lotion alcoolisée | Absolument pas juste après. | Après un microneedling avec sérum à la vitamine C, des réactions granulomateuses sont documentées (JAAD Case Reports 2023, SAGE Open Med Case Rep 2022). |
| Shampooing médicamenteux ou au kétoconazole | Pas le jour de l’application (recommandation de prudence). | Les shampooings contenant des substances actives brûlent sur une peau fraîchement traitée aux aiguilles et sont davantage absorbés. |
| Se laver les cheveux | Pas juste après, mieux vaut attendre le lendemain, avec de l’eau tiède et un shampooing doux (recommandation de prudence). | Les micro-canaux sont une porte d’entrée ouverte. Nettoyez donc le cuir chevelu avant l’application, pas après. |
| Sport et forte transpiration | À éviter le jour de l’application (recommandation de prudence). | Sueur, frottement et couvre-chefs favorisent une folliculite. |
| Sauna, piscine, spa | Seulement après la fin de la phase d’irritation, généralement au bout de 2 à 3 jours (déduit de StatPearls). | La chaleur accentue la rougeur, et bassins comme banquettes sont une source de germes. |
| Soleil direct | À éviter les premiers jours, couvrez-vous la tête. | Une peau fraîchement irritée est sujette aux troubles de la pigmentation. StatPearls cite l’hyperpigmentation comme complication possible. |
| Colorer ou décolorer les cheveux | Pas pendant la phase d’irritation, mieux vaut plusieurs jours d’intervalle (recommandation de prudence). | Oxydants et ammoniaque sur des micro-canaux ouverts irritent fortement et peuvent sensibiliser. |
| Prochaine séance de microneedling | Seulement quand rougeur et sensation de tension ont totalement disparu, avec un étalement selon la longueur d’aiguille. | La réparation aiguë demande 2 à 3 jours selon StatPearls. Une irritation permanente conduit à une inflammation chronique. |
Quelle longueur d’aiguille pour le cuir chevelu ? De 0,25 à 1,5 mm
Pour une utilisation autonome du dermaroller sur le cuir chevelu, la référence est la fourchette basse et prudente, soit 0,25 à 0,5 mm, avec environ 1,0 mm comme limite supérieure pour les personnes expérimentées. Les 1,5 mm souvent cités sont la longueur utilisée dans les études et sur les appareils professionnels, ce n’est pas une recommandation pour la salle de bain.
C’est la distinction la plus importante de ce chapitre. Dans les études sur l’alopécie androgénétique, 1,5 mm est la longueur préférée, appliquée dans des conditions contrôlées (Jha & Vinay, JAAD 2019). La Cleveland Clinic souligne que les aiguilles des appareils domestiques mesurent souvent moins d’un dixième de la longueur professionnelle, et met explicitement en garde contre l’utilisation de longueurs professionnelles chez soi.
La raison tient à la structure de la peau. Dans les couches supérieures, la stimulation par aiguille suffit à déclencher absorption et réparation. Plus bas se trouvent les racines des cheveux et de fins vaisseaux sanguins. Plus l’aiguille va profond, plus le risque de lésion tissulaire, de saignement, de cicatrices et de taches pigmentaires augmente, selon StatPearls. Le tissu cicatriciel peut détruire des follicules définitivement, et ce dommage reste.

| Longueur d’aiguille | Ce qu’elle atteint | Adaptée à | Fréquence usuelle (consensus de pratique) | Application et remarque |
|---|---|---|---|---|
| 0,25 mm | la couche cutanée la plus superficielle, surtout une meilleure absorption des substances actives | débuter, cuir chevelu sensible, usage à domicile | possible plus souvent, environ 2 à 3 fois par semaine, selon la tolérance | À domicile. Longueur habituelle pour un usage domestique selon les indications des fabricants. Dans le modèle murin de Kim et al. (2016), 0,25 mm faisait partie des longueurs les plus efficaces. |
| 0,5 mm | atteint le derme superficiel, stimulation de cicatrisation plus nette | fourchette standard pour le cuir chevelu dans les sources destinées aux patients et les sources cliniques | plus rarement qu’avec 0,25 mm, toujours attendre la disparition complète de la rougeur | À domicile avec soin. Rougeur et léger œdème pendant 2 à 3 jours sont normaux selon StatPearls. |
| 1,0 mm | arrive à proximité des racines des cheveux | limite supérieure pour une utilisation autonome informée | nettement plus rarement, environ une fois par semaine ou moins | Zone limite. La Cleveland Clinic met en garde contre l’usage de longueurs professionnelles à domicile. |
| 1,5 mm | atteint la profondeur des racines des cheveux | usage en étude et en cabinet, expressément pas un standard domestique | une fois par semaine dans le protocole d’étude de Dhurat et al. (2013), mais sous surveillance | Par des professionnels. Jha & Vinay (JAAD 2019) citent 1,5 mm comme la longueur préférée dans les études sur l’AAG. |
| plus de 1,5 mm | derme profond, le risque de lésion des racines et de cicatrices augmente | exclusivement l’usage en cabinet | selon protocole professionnel | Uniquement par des professionnels. StatPearls cite 1,5 à 2,0 mm comme la plage du traitement des cicatrices. |
Fréquence : pourquoi plus souvent n’est pas mieux
La fréquence dépend directement de la longueur d’aiguille. Les aiguilles courtes autour de 0,25 mm peuvent être utilisées plus souvent, les aiguilles plus longues de 1,0 à 1,5 mm nettement plus rarement. La raison est la régénération : StatPearls décrit rougeur et gonflement pendant 2 à 3 jours après l’application comme une évolution normale. La réparation aiguë n’est en grande partie terminée qu’ensuite.
Le « rouleau tous les jours » que l’on lit partout sur Internet est donc clairement à exclure dès que les aiguilles sont longues. Un cuir chevelu irrité en permanence reste dans un état d’inflammation chronique, et l’inflammation chronique est l’inverse de ce dont la pousse des cheveux a besoin. Aucune étude n’a examiné précisément ce comportement. Mais la déduction à partir des délais de cicatrisation est sans ambiguïté.
Un rouleau pour le visage n’est pas un rouleau pour le cuir chevelu
Un dermaroller conçu pour le visage n’est pas le bon choix pour le cuir chevelu. Les appareils pour le visage ont d’autres spécifications d’aiguilles, et des aiguilles fines se plient plus facilement entre les cheveux ou se cassent. Des aiguilles tordues ne perforent pas la peau, elles la déchirent. C’est exactement là que naissent des blessures inutiles, puis des cicatrices.
Encadrement réglementaire : des règles qui varient d’un pays à l’autre
Les appareils à aiguilles sont des dispositifs médicaux, et les appareils professionnels sont classés, selon les indications des fabricants, au titre du règlement européen sur les dispositifs médicaux. À partir de certaines longueurs d’aiguille, l’application est réservée à des professionnels dans de nombreux pays, mais les seuils et les qualifications exigées relèvent de règles nationales et les indications à ce sujet ne sont pas homogènes. Vérifiez donc ce qui s’applique dans votre pays.
En pratique, cette question concerne surtout les prestataires commerciaux qui traitent d’autres personnes, pas l’usage privé d’un appareil domestique acheté pour soi. Si vous souhaitez vous faire traiter, demandez malgré tout qui intervient, avec quelle longueur d’aiguille et avec quelle qualification.
Utiliser correctement le dermaroller : étape par étape
Utiliser correctement le dermaroller sur le cuir chevelu veut dire : cuir chevelu propre, cheveux secs, peu de passages par zone avec une pression légère, l’objectif étant une rougeur fine et régulière et aucun saignement. La séance dure quelques minutes, et c’est la rigueur de l’exécution qui fait la différence entre bénéfice et dégâts.
- Nettoyer le cuir chevelu et le laisser sécher complètement. Humides, les cheveux s’accrochent plus facilement dans le rouleau. Séparez ensuite les cheveux en sections et fixez-les avec des pinces, pour dégager le cuir chevelu.
- Désinfecter le rouleau avant et après chaque application. L’alcool isopropylique à 70 % est le produit de référence, les détails figurent dans la checklist ci-dessous.
- Travailler en bandes. Quelques répétitions par zone, dans deux à trois directions. Ne jamais faire tourner le rouleau sous pression et ne jamais le tirer latéralement sur la peau : soulevez-le et repositionnez-le.
- Doser la pression légèrement et selon la zone. Nettement moins de pression au-dessus des parties osseuses et sur les golfes temporaux qu’au sommet du crâne, plus souple, et sur le vertex.
- L’objectif est une rougeur fine et régulière. Des saignements ponctuels ne sont pas un gage de qualité, mais le signe d’une pression trop forte ou d’aiguilles trop longues.
- Ensuite, n’appliquez rien en dehors de ce qui est expressément autorisé. Ne grattez pas, ne passez pas les doigts sur les zones traitées.
- Respecter les délais d’attente pour le minoxidil, le lavage des cheveux, le sport, le sauna et le soleil (voir le tableau des délais ci-dessus).

Qu’est-ce qui est normal après le rouleau et qu’est-ce qui est un signal d’alerte ? Rougeur et léger gonflement pendant 2 à 3 jours sont, selon StatPearls, une réaction attendue. Tout ce qui continue d’augmenter au-delà n’est plus de la cicatrisation. La comparaison ci-dessous permet de distinguer les deux.
Réaction normale
- rougeur fine et régulière juste après l’application
- rougeur et léger gonflement pendant 2 à 3 jours (StatPearls)
- légère sensation de tension ou de chaleur, qui diminue chaque jour
- fine desquamation dans les jours qui suivent
- quelques points minuscules isolés, qui disparaissent aussitôt
Signaux d’alerte : arrêter l’application et consulter un médecin
- pustules ou croûtes jaunâtres
- douleur, chaleur ou gonflement qui augmentent au lieu de diminuer
- fièvre ou sensation de malaise général
- vésicules comme lors d’un herpès, que StatPearls cite comme réactivation possible
- tachycardie, vertiges ou jambes gonflées après le minoxidil
Les erreurs les plus fréquentes se résument vite : trop de pression, une application trop fréquente, un rouleau émoussé ou jamais remplacé, un appareil partagé avec d’autres, du minoxidil juste après, le rouleau sur un cuir chevelu enflammé, le rouleau sur cheveux humides et le recours au rouleau pour le visage.
Checklist hygiène et déroulé, à imprimer
Avant
- Se laver les mains, nettoyer le cuir chevelu avec un shampooing doux et le laisser sécher complètement
- Désinfecter le rouleau en immergeant la tête à aiguilles dans de l’alcool isopropylique à 70 %, laisser agir brièvement et sécher à l’air
- Contrôler la tête à aiguilles à contre-jour : des aiguilles tordues ou cassées imposent un remplacement immédiat
- Aucune application en cas de rougeur, de desquamation, de pustules, de plaies ouvertes, de coup de soleil ou d’herpès
Pendant
- Séparer les cheveux en sections, travailler zone par zone, soulever le rouleau au lieu de le tirer
- Doser la pression selon la zone : golfes temporaux et parties osseuses avec prudence, sommet du crâne et vertex un peu plus fermement
- L’objectif est une rougeur fine et régulière. En cas de saignement ou de douleur piquante, arrêter immédiatement
- Ne jamais partager l’appareil avec d’autres personnes, même pas au sein de la famille
Après
- Désinfecter à nouveau le rouleau, le laisser sécher et le ranger dans son étui fermé
- Ne rien appliquer sur le cuir chevelu en dehors de ce qui est expressément autorisé, ne pas gratter
- Le jour de l’application : pas de sport, pas de sauna, pas de bonnet sur une tête en sueur
- En cas de pustules, de croûtes, de fièvre ou de douleur croissante, arrêter l’application et consulter un médecin
Entretien du rouleau
Seul l’alcool isopropylique à 70 % nettoie de façon fiable. À éviter : les spiritueux à fort degré, le gel désinfectant parfumé pour les mains, l’eau pure et le fait de faire bouillir des pièces en plastique. Remplacez la tête à aiguilles dès que le passage du rouleau devient rugueux, que des aiguilles sont tordues ou que la rougeur devient irrégulière. Des aiguilles émoussées déchirent la peau au lieu de la perforer.

Risques et effets indésirables du microneedling sur le cuir chevelu
Sur le cuir chevelu, le microneedling est une méthode qui blesse la peau. Les effets indésirables les plus fréquents sont la rougeur, une sensation de brûlure et des saignements ponctuels. Les deux risques sérieux sont l’infection et la formation de cicatrices, et tous deux découlent presque toujours d’erreurs d’application évitables.
Infection et folliculite. StatPearls cite les infections locales comme l’impétigo parmi les complications possibles de la méthode. Les déclencheurs sont un appareil mal nettoyé, un cuir chevelu non lavé ou un rouleau partagé. Les signaux d’alerte : pustules, douleur, chaleur, croûtes jaunâtres, fièvre. Notre article sur l’inflammation de la racine du cheveu explique à quoi ressemble une telle folliculite et comment elle se traite.
Cicatrices et chéloïdes. Des aiguilles trop longues, une pression trop forte, le fait de tirer le rouleau et de passer sur des reliefs osseux sont les causes typiques. StatPearls mentionne expressément une forte tendance aux chéloïdes comme contre-indication. Les zones cicatricielles peuvent détruire des follicules définitivement. C’est le dommage le plus grave qu’un simple appareil domestique puisse provoquer.
Pas sur un cuir chevelu enflammé. Rougeur active, desquamation, dermatite séborrhéique, psoriasis, eczéma, plaies ouvertes, coup de soleil et herpès excluent l’application. StatPearls liste les maladies cutanées inflammatoires chroniques et les infections actives parmi les contre-indications. L’ordre est clair : faire d’abord traiter l’inflammation du cuir chevelu, puis réfléchir au microneedling.
Pas en cas de pelade en poussée active. Selon le principe du phénomène de Koebner, une irritation cutanée mécanique peut provoquer de nouvelles plaques dans un tissu où l’auto-immunité est active. Le concept est bien établi en dermatologie (revue de Zhang et al., Experimental Dermatology 2023), mais il n’est pas démontré de façon définitive chez l’être humain pour le microneedling dans la pelade. Il existe des cas rapportés de microneedling dans la pelade, mais exclusivement en tant que traitement accompagné par un médecin, pas en application à domicile pendant une poussée.
Des cheveux dans le rouleau. Des cheveux longs peuvent s’accrocher dans le rouleau à aiguilles et être arrachés mécaniquement. Il n’existe pas de preuve d’étude à ce sujet, mais la mécanique est évidente. Si ces tractions se répètent, une sollicitation mécanique des racines est envisageable. Conséquence pratique : cuir chevelu sec, cheveux séparés en sections, ne jamais tirer latéralement, et envisager plutôt un stylo quand les cheveux sont longs.
Une chute de cheveux accrue après le début. Une légère augmentation dans les premières semaines arrive et n’est pas un motif de panique. Le shedding bien connu est toutefois lié au minoxidil, pas au rouleau. Si la chute augmente nettement pendant plusieurs semaines, si des zones dégarnies apparaissent ou si le cuir chevelu devient douloureux, cela demande un avis médical. Et encore une fois : tachycardie, vertiges ou œdèmes après une application associée au minoxidil sont un motif d’arrêt.
| Situation | Pourquoi pas de microneedling | Ce qui est judicieux à la place |
|---|---|---|
| Cuir chevelu enflammé, rouge ou squameux | Les aiguilles répandent des germes et renforcent l’inflammation. StatPearls cite les maladies cutanées inflammatoires chroniques comme contre-indication. | Faire d’abord évaluer et traiter l’inflammation du cuir chevelu, puis réévaluer. |
| Dermatite séborrhéique, psoriasis du cuir chevelu, eczéma | Barrière cutanée perturbée plus traumatisme mécanique. Dans le psoriasis, une irritation cutanée peut déclencher de nouvelles plaques (phénomène de Koebner). | Traitement dermatologique de la maladie de fond, microneedling au plus tôt en phase de rémission stable et après avis médical. |
| Plaies ouvertes, coup de soleil, herpès actif, verrues | StatPearls cite les infections actives comme contre-indication. Une réactivation de l’herpès est une complication décrite. | Laisser guérir. En cas de tendance connue à l’herpès, en parler à un médecin au préalable. |
| Pelade en poussée active | Une irritation mécanique peut, en théorie, provoquer de nouvelles plaques dans un tissu où l’auto-immunité est active (phénomène de Koebner, Zhang et al. 2023). | Traitement dermatologique. Le microneedling dans la pelade n’est décrit qu’en application accompagnée par un médecin. |
| Zone fraîchement greffée | Les greffons récents ont besoin de temps pour cicatriser et se vasculariser. Une stimulation par aiguille peut les endommager ou les déplacer. | Attendre et obtenir l’autorisation explicite de la clinique qui a réalisé l’intervention. |
| Traitement anticoagulant en cours | Tendance accrue aux saignements et traumatisme difficile à évaluer. | Uniquement après avis médical explicite. |
| Traitement par isotrétinoïne en cours ou récemment terminé | En dermatologie, la règle de prudence établie consiste à éviter les méthodes qui blessent la peau pendant cette phase (risque de cicatrisation retardée et de cicatrices). | Garder un délai et fixer le moment avec le dermatologue qui suit le traitement. |
| Forte tendance aux chéloïdes | StatPearls cite expressément une forte tendance aux chéloïdes comme contre-indication. | Éviter la méthode et discuter des alternatives avec un médecin. |
| Immunosuppression, chimiothérapie, diabète mal équilibré | Cicatrisation retardée et risque d’infection accru (StatPearls). | Uniquement après autorisation médicale, et en cas de diabète seulement lorsque l’équilibre est stable. |
| Grossesse et allaitement | Prudence générale. L’association habituelle avec le minoxidil n’est pas prévue pendant cette période. | En parler à un médecin, ne pas démarrer seul un traitement local. |
| Diagnostic de la chute de cheveux non établi | Sans diagnostic, on ne sait pas s’il s’agit d’une forme pour laquelle le microneedling a été étudié. | Faire d’abord préciser le type et les causes de la chute de cheveux. |
Microneedling après une greffe de cheveux : uniquement avec l’accord du médecin
Sur une zone fraîchement greffée, le rouleau est interdit. Les greffons nouvellement implantés ont besoin de temps pour cicatriser et développer une vascularisation stable. Une stimulation mécanique par aiguille pendant cette phase peut les endommager, les déplacer ou déclencher une inflammation. C’est un risque évitable, dans une phase qu’on ne peut pas recommencer.
Sur le délai, il n’existe pas de données d’étude solides, seulement des indications hétérogènes de cliniques sur Internet, allant de quelques semaines à de nombreux mois. C’est pourquoi la ligne prudente s’applique, et l’autorisation passe avant le chiffre : dans tous les cas, seulement après l’accord explicite de la clinique ou du médecin qui vous suit, en règle générale pas avant 6 mois d’après l’expérience, souvent plutôt dans une fourchette de 6 à 12 mois.
La même logique vaut pour la zone donneuse à l’arrière de la tête. Là aussi du tissu a été lésé, là aussi c’est la clinique qui décide quand une irritation mécanique redevient possible. Ce qui est permis et ce qui ne l’est pas dans les semaines suivant l’intervention est détaillé dans notre article sur les comportements à adopter après une greffe de cheveux.
Ce que nous observons dans le suivi post-opératoire chez Elithair
Dans le suivi, nous voyons régulièrement des patients qui ont commencé trop tôt et travaillé avec des aiguilles trop longues, le plus souvent avec de bonnes intentions. Avec le microneedling, tout se joue dans la retenue : une hygiène rigoureuse, une longueur d’aiguille modérée, suffisamment de temps entre les applications et, en cas de doute, une brève question avant de passer le rouleau. Dans les premiers mois qui suivent une intervention, attendre ne coûte rien, s’impatienter peut coûter cher.
Dermaroller, dermapen, microneedling en cabinet ou mésothérapie ?
Ces quatre termes désignent des choses différentes : le dermaroller est un rouleau à aiguilles pour un usage à domicile, le dermapen un appareil motorisé dont les aiguilles pénètrent à la verticale avec une profondeur réglable, le microneedling en cabinet l’application par des professionnels dans des conditions stériles, et la mésothérapie n’est pas du microneedling du tout, mais l’introduction d’une solution active par injection.
La différence techniquement décisive entre rouleau et stylo est documentée : selon StatPearls, les aiguilles d’un rouleau pénètrent de biais et en roulant, ce qui produit un traumatisme tissulaire moins uniforme. Les appareils motorisés piquent à la verticale et permettent une profondeur plus régulière avec un contrôle plus précis. À nombre de millimètres égal, le traumatisme du rouleau peut donc être plus important et plus irrégulier. C’est l’argument le plus fort en faveur d’un stylo dès qu’on dépasse les aiguilles courtes.
Il faut clairement distinguer le microneedling de la mésothérapie et des traitements PRP. Dans la mésothérapie, une solution active est injectée, dans le PRP un concentré obtenu à partir du sang du patient. Il s’agit dans les deux cas de méthodes médicales avec leur propre principe d’action, dont les résultats ne peuvent pas être justifiés par des données de microneedling.
| Critère | Dermaroller | Dermapen (stylo) | Microneedling en cabinet | Mésothérapie |
|---|---|---|---|---|
| Principe | un rouleau à aiguilles est roulé sur le cuir chevelu | un stylo motorisé fait pénétrer les aiguilles à la verticale | application par des professionnels, conditions stériles, profondeurs plus importantes | injection d’une solution active, pas une simple méthode par aiguilles |
| Pénétration et traumatisme tissulaire | de biais et en roulant, traumatisme moins uniforme selon StatPearls | à la verticale, profondeur plus régulière et contrôle plus précis (StatPearls) | traumatisme contrôlé selon protocole | traumatisme ponctuel par l’aiguille |
| Profondeur des aiguilles | de 0,5 à 3 mm sur le marché, 0,25 à 0,5 mm raisonnable à domicile | réglable en continu, donc profondeur contrôlée | appareils professionnels à partir d’environ 1,5 mm selon les indications des fabricants | découle de la technique d’injection |
| Qui l’utilise | utilisation autonome | utilisation autonome avec des aiguilles courtes, au-delà par des professionnels | médecin ou professionnel qualifié | médecin |
| Apport de la substance active | indirect, via une meilleure absorption du produit appliqué plus tard | indirect, comme avec le rouleau | souvent associé à des substances actives sous surveillance | direct, la substance active est injectée |
| Niveau de preuve dans la chute de cheveux | le mieux étudié, Dhurat et al. 2013 et la méta-analyse de Pei et al. 2024 (13 essais randomisés, 696 patients) portent majoritairement sur de tels protocoles | moins de littérature directe spécifiquement sur les appareils motorisés dans l’alopécie androgénétique | aucune recommandation autonome dans les guides de bonne pratique (recommandation européenne S3) | méthode à part, non justifiable par des données de microneedling |
| Principaux risques | infection, cicatrices en cas d’application trop profonde, les cheveux peuvent s’accrocher dans le rouleau | infection, cicatrices en cas de réglage de profondeur trop élevé | comme pour la méthode en général, mais dans des conditions stériles | risques liés à l’injection, indication médicale nécessaire |
| Adaptation aux cheveux longs | limitée, le rouleau peut attraper les cheveux | meilleure, parce que les aiguilles pénètrent à la verticale au lieu de rouler | sans problème, réalisé par des professionnels | sans problème |
| Coûts | achat unique, tête à aiguilles à remplacer régulièrement | achat plus onéreux, modules d’aiguilles comme consommables | prestation à la charge du patient par séance, le plus souvent plusieurs séances | prestation à la charge du patient par séance |
Acheter un dermaroller : comment reconnaître un appareil utilisable
À l’achat d’un dermaroller, ce n’est pas le prix qui décide, mais la finition des aiguilles. Elles doivent être acérées, droites et régulièrement réparties. C’est précisément le sens de la critique de Jha et Vinay (JAAD 2019) : tous les appareils à aiguilles ne font pas, loin de là, ce qui a été étudié sous le nom de microneedling.
Sur la fameuse question du titane ou de l’acier chirurgical, il n’existe aucune étude comparative sur le cuir chevelu. Un autre point est pertinent : dans la littérature sur les réactions cutanées nodulaires après microneedling, le nickel des aiguilles est discuté comme déclencheur possible, à côté de la vitamine C. En cas d’allergie au nickel connue, il vaut donc la peine de vérifier le matériau indiqué et, en cas de doute, d’en parler à un dermatologue.
Les rouleaux bon marché se reconnaissent à contre-jour : des aiguilles de longueurs inégales, inclinées ou déjà tordues à la sortie d’usine. De telles aiguilles ne perforent pas la peau proprement, elles la déchirent. C’est une considération mécanique et non un résultat d’étude, mais en pratique c’est la différence entre une rougeur fine et une plaie inutile.
Checklist d’achat dermaroller et stylo
- Longueur d’aiguille clairement indiquée, en millimètres et non pas sous la forme « convient à la pousse des cheveux ». Sans indication, vous ne savez pas à quelle profondeur vous travaillez.
- Longueur adaptée à l’usage : 0,25 à 0,5 mm pour la maison, les longueurs professionnelles à partir d’environ 1,5 mm relèvent de mains qualifiées (indications des fabricants, Cleveland Clinic).
- Tête à aiguilles remplaçable, avec des têtes de rechange disponibles. Un rouleau sans rechange est un article consommable à courte durée de vie.
- Matériau et teneur en nickel vérifiables, surtout en cas d’allergie au nickel connue.
- Marquage CE et indications du fabricant sur la destination du produit. Les appareils à aiguilles sont des dispositifs médicaux, les modèles professionnels relèvent, selon les indications des fabricants, du règlement européen sur les dispositifs médicaux.
- Étui fermable et contrôle visuel possible. Vérifiez la tête à aiguilles à contre-jour, un appareil pour une seule personne.
- Avec des cheveux longs, plutôt un stylo : des aiguilles qui pénètrent à la verticale attrapent moins de cheveux qu’un rouleau (StatPearls).
Dans quelle chute de cheveux le microneedling aide-t-il et quand est-il la mauvaise approche ?
Dans la chute de cheveux, le microneedling a été étudié presque exclusivement dans l’alopécie androgénétique, c’est-à-dire la chute selon un schéma défini, avec golfes temporaux, sommet du crâne clairsemé et vertex. Tous les travaux de référence, de Dhurat et al. 2013 à la méta-analyse de Pei et al. 2024, portent sur cette forme. Pour les autres formes, il n’existe pas de données d’efficacité.
Une chute diffuse sur l’ensemble du crâne est donc la mauvaise raison de sortir un appareil à aiguilles. Quand une carence en fer, la thyroïde, des médicaments ou un déclencheur aigu sont en cause, il faut une recherche de cause et non un traitement du cuir chevelu. Un aperçu des déclencheurs possibles figure dans notre article sur les causes de la chute de cheveux.
Et la question la plus fréquente, en réponse claire : sur des zones chauves et lisses, le microneedling n’apporte rien. La méthode ne peut stimuler que des follicules encore présents. Là où il n’y a plus de follicule, il n’y a rien à stimuler. Le rouleau vaut donc la peine dans la zone clairsemée avec des cheveux fins restants, pas sur la surface qui reflète la lumière.
Reste-t-il des follicules stimulables dans une zone clairsemée, ou la surface est-elle déjà vide ? Devant le miroir, la différence est difficile à établir avec certitude. Lors de la consultation chez Elithair, nous examinons précisément ce schéma : où les cheveux ont seulement perdu en épaisseur, où il n’y a effectivement plus de follicule et à quel stade vous vous situez. Cette analyse capillaire est une analyse visuelle du schéma et ne remplace pas une analyse de sang médicale.
Pour vous, c’est la question préalable : passer le rouleau a-t-il un sens, oui ou non ? Si l’évolution et le schéma évoquent une cause interne, un bilan sanguin chez le médecin en fait partie, pas un appareil à aiguilles. Le microneedling peut stimuler des follicules existants et miniaturisés et améliorer l’absorption des substances actives, rien de plus.
Ce qu’il ne peut pas faire : repeupler une zone dont le follicule est déjà perdu. Pour de telles zones, la greffe de cheveux est l’option établie, avec un prélèvement FUE et une implantation DHI. Cela n’exclut pas un traitement local accompagnant, les deux vont de pair.
Conclusion : le microneedling pour les cheveux en résumé (mise à jour 2026)
Le microneedling pour les cheveux est une mesure d’accompagnement dans l’alopécie androgénétique, pas un remplacement autonome d’un traitement. La meilleure preuve concerne l’association avec le minoxidil : 91,4 contre 22,2 cheveux supplémentaires par cm² après 12 semaines dans l’étude pilote menée auprès de 100 hommes (Dhurat et al. 2013), une tendance confirmée par une méta-analyse de 13 études (Pei et al. 2024). Il n’existe malgré tout aucune recommandation officielle.
Concrètement, cela veut dire : une longueur d’aiguille dans la fourchette prudente de 0,25 à 0,5 mm, une fréquence adaptée à la longueur plutôt que quotidienne, une désinfection systématique à l’alcool isopropylique à 70 %, du minoxidil seulement avec un délai et un bilan honnête après 6 à 12 mois. Les zones chauves et brillantes ne sont pas concernées, et en cas de cuir chevelu enflammé ou de diagnostic incertain, mieux vaut faire évaluer la situation avant de passer le rouleau.
Les arguments pour
- peu coûteux et facile à se procurer
- peut renforcer l’absorption et donc l’effet du minoxidil
- mécanisme plausible, via la cicatrisation et la pénétration
- se combine bien avec un traitement local existant
- aucun effet indésirable significatif n’est apparu dans les études
Les arguments contre
- preuves issues d’études petites et courtes, presque toujours en association
- preuves faibles en utilisation seule, aucune recommandation officielle
- risque d’infection et de cicatrices en cas de mauvaise application
- de nombreuses contre-indications, du cuir chevelu enflammé à la tendance aux chéloïdes
- exige de la discipline pendant des mois et ne crée aucun cheveu sur les zones chauves
Questions fréquentes sur le microneedling et le dermaroller en cas de chute de cheveux
Combien coûte le microneedling en cabinet et est-il pris en charge ?
Le microneedling en cabinet est facturé à la séance, le prix dépend du praticien et du nombre de séances. La prise en charge d’une chute de cheveux héréditaire par l’assurance maladie est réglée différemment d’un pays à l’autre et n’est en général pas automatique, renseignez-vous auprès de votre organisme. Un appareil pour la maison coûte peu, les têtes à aiguilles sont des consommables.
Le microneedling sur le cuir chevelu fait-il mal et une crème anesthésiante est-elle utile ?
Les aiguilles courtes de 0,25 à 0,5 mm donnent le plus souvent une sensation de picotement, désagréable mais pas piquante. La douleur augmente nettement avec la longueur. Si vous envisagez une crème anesthésiante, vous travaillez avec une longueur d’aiguille qui relève de mains qualifiées. Ici, la douleur est un frein utile.
Est-il vrai que des autorités mettent en garde contre les appareils de microneedling ?
En partie. L’autorité américaine FDA a signalé en octobre 2025 les risques de certains appareils de microneedling par radiofréquence, c’est-à-dire des appareils professionnels appliquant en plus de la chaleur, pour lesquels des brûlures, des cicatrices et des lésions nerveuses ont notamment été signalées. Les simples dermarollers mécaniques pour la maison ne sont pas concernés. Ne transposez donc pas cette mise en garde telle quelle.
Le microneedling agit-il de la même façon chez les femmes que chez les hommes ?
La question reste ouverte. Les études disponibles ont été menées presque exclusivement chez des hommes, et pour les femmes touchées par une chute de cheveux héréditaire les données sont bien plus minces. Comme des causes internes telles qu’une carence en fer ou la thyroïde interviennent plus souvent chez les femmes, l’évaluation médicale passe ici encore plus clairement avant l’appareil à aiguilles.
Sources
- Dhurat R et al. : A Randomized Evaluator Blinded Study of Effect of Microneedling in Androgenetic Alopecia. Int J Trichology 2013. pmc.ncbi.nlm.nih.gov
- S3 European Dermatology Forum Guideline for the Treatment of Androgenetic Alopecia in Women and in Men (Update). Recommandation S3 (PDF)
- Pei D et al. : Efficacy and safety of combined microneedling therapy for androgenic alopecia. Revue systématique et méta-analyse, J Cosmet Dermatol 2024. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
- StatPearls : Microneedling. NCBI Bookshelf NBK459344. ncbi.nlm.nih.gov
- StatPearls : Minoxidil. NCBI Bookshelf NBK482378. ncbi.nlm.nih.gov
- Jha AK, Vinay K : Androgenetic alopecia and microneedling: Every needling is not microneedling. J Am Acad Dermatol 2019. jaad.org
- Kim YS et al. : Repeated Microneedle Stimulation Induces Enhanced Hair Growth in a Murine Model. Ann Dermatol 2016 (modèle murin). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
- Panahi Y et al. : Rosemary oil vs minoxidil 2% for the treatment of androgenetic alopecia. Skinmed 2015. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
- Sarcoidal granulomatous reaction to microneedling with vitamin C serum. JAAD Case Reports 2023. jaadcasereports.org
- Zhang X et al. : Characteristics and pathogenesis of Koebner phenomenon. Exp Dermatol 2023. onlinelibrary.wiley.com
- Cleveland Clinic : Does Microneedling Help With Hair Loss? Information patient. clevelandclinic.org
- gesund.bund.de : Anlagebedingter Haarausfall beim Mann, information patient sur la chute de cheveux héréditaire chez l’homme. gesund.bund.de
- FDA : Microneedling Devices, communication de sécurité sur le microneedling par radiofréquence (octobre 2025). fda.gov
Contenu vérifié sur le plan médical, à jour en 2026. Cet article a une visée informative et ne remplace ni un diagnostic ni un traitement médical. Le microneedling blesse la peau de façon contrôlée. En cas de pustules, de croûtes, de douleur croissante, de fièvre, de tachycardie ou de vertiges, arrêtez l’application et demandez un avis médical.

Dr. Imad Moustafa
Médecin en greffe capillaire